Nouvelles

24. mars, 2020

L'après-midi du 20 février 2020, la jeep verte de l’armée congolaise fonce sur la RN2, entre Goma et Rutshuru-Centre. A son bord, sept soldats des FARDC et un précieux chargement : les soldes du 3416e régiment. Plus de 100 000 dollars, cash.

Mais à l’approche du village de Rwaza, le convoi est stoppé net. « Des assaillants avaient mis en place un bouchon sur la route et s’étaient positionnés pour bloquer l’arrivée des renforts, détaille un officier des FARDC, dans son bureau du siège de la 34e région militaire, à Goma. Quand la jeep est arrivée ils ont mis en place une contre-retraite pour empêcher la fuite. Aucun passager n’a survécu. C’était du travail de professionnel ».

Quels qu’ils soient, les assaillants se sont volatilisés dans le parc des Virunga avec le magot. Ne restait que la rancœur des soldats, privés de leur maigre salaire. Elle s’est violemment exprimée dans les heures et les jours qui ont suivi : des FARDC ont mené des représailles indiscriminées tuant quatre civils – tous issus de la communauté hutu – entre le 20 et le 23 février selon les données recueillies par le KST.
A la 34e région militaire, on ne nie pas que des civils aient pu être tués en marge de l’embuscade. Mais, selon notre officier il s’agit exclusivement de victimes collatérales des échanges de tirs.

Ces événements, spectaculaires, ne sont en réalité que la partie visible d’un phénomène bien plus vaste : l’incapacité chronique des FARDC à assurer une paie décente et régulière aux soldats. En cause, souvent, des détournements mis en œuvre selon plusieurs procédés, comme le prélèvement d’une partie de l’argent liquide destiné aux troupes par la hiérarchie, ou la déclaration par celle-ci d’effectifs bien supérieurs à la réalité, ce qui permet la captation de soldes destinés à des soldats fictifs.

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« La question du détournement des soldes n’est qu’une petite partie d’un vaste système de génération des recettes au sein de l’armée, explique Judith Verweijen. Les commandants génèrent bien plus de revenus au moyen de trafics ou encore de taxations illégales, aux barrages routiers ou encore sur les sites miniers. Et ils doivent rétrocéder une partie de ces revenus à la haute hiérarchie qui les a nommés à ces postes. Ce système est donc profondément enraciné à tous les niveaux et je ne suis pas sûre qu’une amélioration de la paie des soldats puisse suffire à y mettre fin. »

17. mars, 2020

Un étudiant de l'IBTP de Butembo a été tué par un militaire ce 17 mars 2019. Il sortait de l'auditoire pour une communication. Il est victime d'un deguerpissement forcé à Mutsanga que la Véranda Mutsanga, un mouvement de jeunes militants, voulait défier en reconstruisant de force les maisons détruites. Les étudiants réclamaient les départs de certains enseignants. Un militaire impliqué dans la gestion de cette manifestation à tiré à bout portant sur le jeune homme. La balle dans sa tête l'a tué sur le champs.

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17. mars, 2020

Tuer à bout portant une femme enceinte avec une arme à feu, quelle inspiration un militaire congolais peut-il avoir eu pour commettre un crime aussi odieux? L'incient a eu lieu à Kobu, Djugu, en ituri.

Que justice soit faite, pour que ses paires ne répètent jamais ce qu'il a fait!

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12. mars, 2020

C'est dégoûtant et révoltant!

Les déplacés qui fuient la guerre font face aux tracasseries militaires à au moins 5 barrières, lorsqu'ils fuient à Beni. Rien ne peut justifier une telle attitude!

Ce que nous en retenons, c'est bien clair:

  • notre armée n'a aucune notion de l'éthique d'un soldat. Ils se croient tout permis et pressent la population déjà fortement traumatisé comme un citron.

  • les autorités militaires n'ont pas de contrôle sur leurs soldats ou bien ils sont en connivence avec ceux-ci. Dans les deux cas, c'est un signe clair d'un grave dysfonctionnement dans l'arée et la population ne peut compter sur personne pour la protéger.

  • les autorités civiles n'osent pas agir contre cette aberration dramatique qui se produit sous leurs yeux. Notre pays n'est pas une démocratie mais une militarocratie.

  • le président de la République est insensible aux douleurs de notre peuple. Dans tout Etat de droit, un action immédiate serait prise par les autorités, en commençant par le sommet de l'Etat. Chez nous en RDC, c'est le peuple d'abord qui souffre!

Lire la dénonciation par Alain Siwako, député national élu du territoire de Beni, sur linterview.cd

11. mars, 2020

Deux personnes ont été tuées et deux autres blessées par balle, lors d’une tension qui a prévalu dans la soirée de mardi 10 mars entre l’armée et la population civile, à Kirumba, une commune rurale du territoire de Lubero au Nord-Kivu.

Selon le président de la société civile de Kirumba, Bonane Kamnere, la population en colère voulait s’en prendre aux Forces armées de la RDC. Elle soupçonne l’armée d’être auteure de l’assassinat d’un opérateur économique de la place la veille.

La jeep des militaires s’était retrouvée non loin du lieu de l’assassinat de l’opérateur économique Lukombola Germain, dans la nuit du lundi au mardi 10 mars. Ce qui avait donc alimenté des soupçons contre les FARDC.

Ces dernières ont réagi en tirant sur les manifestants.

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