Nouvelles

7. mars, 2019

Le gouverneur de Mbandaka a ordonné la police à rouiller de coups et tabasser un journaliste qui ne faisait que son travail. Le gouverneur a fait preuve d'abus de pouvoir manifeste et devrait être suspendu. La police a accepté d'exécuter un ordre qui est contradictoire à son mandat de protection de la société et devrait être condamnée pour manque d'assistance à une personne en danger.La justice a fait preuve d'instrumentalisation en mains d'une autorité civile, en violation de la séparation des pouvoirs, prévue par la constitution. Si le président Tshisekedi n'intervient pas pour immédiatement libérer le journaliste, nous saurons que après l'alternance = avant l'alternance.

RDC : FFJ interpelle le président de la République sur la santé du journaliste Iwewe

(Kinshasa, le 6 mars 2019) Freedom for journalist (FFJ), organisation de défense de la liberté de la presse et du droit à l’information interpelle le Président de la République démocratique du Congo (RDC), Felix Tshisekedi, sur l’état de santé fort préoccupant du journaliste Steve Mwanyo Iwewe, condamné à 12 mois de prison à Mbandaka, capitale de la province de l’Equateur, à l’ouest du pays.

Selon Maître Bosembe, l’un des avocats du journaliste que le service d’aide légale de FFJ a pu joindre au téléphone mercredi dans la journée, le journaliste souffre des traumatismes à la suite des actes de brutalité dont il a été l’objet et autres coups et blessures enregistrés avant son transfert au parquet près le tribunal de paix de Mbandaka.

«Les coups et blessures sont l’objet des policiers qui lui avaient roué des coups et le journaliste, aujourd’hui malade, devra être soigné et les auteurs des voies des faits doivent être poursuivis et punis conformément à la loi», exige FFJ dans son communiqué.

Le journaliste a été condamné au terme d’une procédure de flagrance vendredi 1er mars 2019, par le tribunal de paix de Mbandaka à 12 mois de prison ferme pour « outrage » au gouverneur.

Iwewe officiait pour la Radio-Télévision Sarah (RTS), une chaîne locale. Il a été condamné à payer 200 mille francs congolais d’amende et une somme 200 dollars américains des dommages-intérêts.

Ses avocats ont interjeté appel le jour de sa condamnation.

Iwewe a été arrêté mercredi 27 février 2018 en plein reportage par la police qui lui reprochait d’avoir filmé une manifestation pacifique des agents de la section provinciale du ministère de l’Environnement qui réclamaient 5% de rétrocession, jamais versés depuis plusieurs mois.

Les policiers justifient les coups assénés au journaliste pour avoir déclaré au gouverneur de province, présent sur les lieux de la protestation, qu’il était journaliste en droit de couvrir le reportage et l’autorité politico-administrative n’avait pas qualité de lui en empêcher.

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actualite.cd

matininfos.net

3. mars, 2019

« Nous sommes maintenant retranchés dans la forêt. Les crépitements de balles continuent et les militaires ne font pas la distinction entre civils et miliciens. Ils tuent tout le monde. Même les enseignants ! Depuis trois semaines, nous ne savons pas où trouver à manger, du savon ou du sel. Nous comptons des malades ici dans la forêt, il n’y a pas de médicaments. »  

C'est le président de la société civile de Lowa, Kongole Baendeyae Muze, qui appelle l'armée à cesser le feu, pour trouver une solution négociée à la crise. Il accuse les militaires de ne pas différencier la population civile de miliciens.

Il fait état de pillage des commerces, des matelas de l’hôpital général de Lowa, du couvent des prêtres catholiques… « Les militaires utilisent la population des villages Babuma et Bayelo pour piller Lowa », a accusé Kongole Baendeyae Muze, parlant de plusieurs morts lors de ces troubles.

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1. mars, 2019

A Goma, les élus de la province du Nord Kivu se disent profondément préoccupés par la précarité de la situation sécuritaire qui prévaut sur l’ensemble de la province et qui se caractérisé par les atrocités, abus et violations graves des droits de humains. Cette inquiétude est contenue dans leur déclaration lue ce jeudi devant la presse.

Pour ces élus, il est temps que les autorités gouvernementales compétentes s’impliquent pour le rétablissement de la paix dans la province. Voici l’extrait de cette déclaration lue par l’honorable prince Kihangi:« Cette tragédie, se caractérise notamment par la présence et l’activisme des groupes armés, une collaboration vraisemblable et la cohabitation de certains éléments des FARDC avec certains groupes armés, les incursions et tueries répétitives perpétrées par des présumés ADF Nalu à Beni ; les tracasseries administratives , militaires et policiers caractérisées par la persistance des multiples barrières illégales ; le comportement repréhensible de certaine éléments FARDC, PNC et des agents des services spécialisés, des meurtres et assassinats, le pillage des bétails et autres biens de la population. tout en saluant les efforts fournis, condamnons fermement tous ces actes intolérables et inadmissible. Et par conséquent, interpellons les autorités impliquées dans la chaine de sécurité à prendre des mesures idoines en vue de l’amélioration des conditions sécuritaire dans la province du Nord Kivu. »

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21. févr., 2019

Le mouvement rebelle devenu parti politique tire à la sonnette d'alarme:

La Direction Politique du Mouvement est informée des manoeuvres qui se trament autour de la question du rapatriement de ses ex-combattants et exprime tout son regret. En effet, des personnes n’appartenant pas au Mouvement du 23 mars se feraient recruter en dehors du camp de cantonnement de BIHANGA en Ouganda dans l’objectif d’intégrer les FARDC.

Selon nos informations, ces personnes viennent de tous les horizons, certaines sont des simples civils congolais ou étrangers n’ayant appartenu à aucun groupe armé au Congo, d’autres sont des ex-combattants de certains groupes armés étrangers bien connus dans la région ; tous appâtés par les agents recruteurs congolais et autres moyennant des sommes d’argent ainsi que de promesse d’intégrer l’armée nationale.

Si c'est vrai, et nous n'avons pas de raisons d'en douter, cela aura un impact fort négatif sur le comportement des soldats dans les années à venir, car il ne s'agit point de soldats professionnels bien formés, mais plutôt d'opportunistes sans scrupules, qui feront souffrir encore plus notre population. Ce n'est pas de cette façon qu'on constitue une armée nationale, si au moins c'est cela l'intention.

21. févr., 2019

Les forces de sécurité en République démocratique du Congo ont exécuté sommairement au moins 27 jeunes hommes et garçons et en ont fait disparaître de force 7 autres au cours d’une campagne anti-criminalité entre mai et septembre 2018. La campagne, connue dans la police sous le nom d’« Opération Likofi IV », a visé des membres de gangs présumés dans la capitale de la RD Congo, Kinshasa.

Human Rights Watch a constaté que des agents de police, souvent habillés en civil, ont appréhendé sans mandat des membres de gangs présumés, appelés kulunas, la nuit à leur domicile ou dans d’autres lieux. Dans de nombreux cas, la police a ligoté les victimes et leur a bandé les yeux, les a conduites vers des lieux non identifiés et les a tuées. Souvent la police a abandonné les corps des victimes près de leur maison tôt le lendemain matin. La plupart des victimes ont été étranglées dans une stratégie manifeste des autorités visant à détourner l’attention de la police.

« Étrangler, abattre et faire disparaître des suspects en garde à vue n’est jamais une manière légale de lutter contre la criminalité urbaine », a déclaré Ida Sawyer, directrice adjointe de la division Afrique de Human Rights Watch. « La nouvelle administration de la RD Congo devrait mettre un terme aux campagnes policières abusives et veiller à ce que les responsables de ces crimes horribles fassent l’objet d’enquêtes et de poursuites. »

Un officier supérieur des forces de sécurité et plusieurs autres personnes bien informées sur l’opération ont expliqué à Human Rights Watch que les personnes visées incluaient des kulunas connus pour mobiliser des manifestations conduites par l’opposition. D’autres avaient résisté aux efforts de recrutement menés par le parti au pouvoir ou par les agences de sécurité. Human Rights Watch a précédemment documenté les efforts du parti au pouvoir pour recruter, payer et déployer des kulunas pour infiltrer et perturber violemment les manifestations organisées par l’opposition contre l’ancien président Joseph Kabila.

Des sources gouvernementales ont indiqué que l’un des objectifs de l’Opération Likofi IV était de semer la terreur dans la capitale pour dissuader les manifestations en lien avec les élections. Ceci a eu lieu dans un contexte de répression plus large contre l’opposition politique et les activistes pro-démocratie dans le pays.

Les exécutions extrajudiciaires perpétrées pendant l’Opération Likofi IV que Human Rights Watch a documentées ont suivi des schémas clairs. La police a appréhendé des jeunes hommes et des adolescents la nuit, sans présenter de mandat, à leur domicile familial ou dans d’autres lieux où ils dormaient ou travaillaient, comme des hôtels, des chantiers, des entrepôts, des bars et des boutiques. Les preuves disponibles montrent que la police a généralement conduit les victimes dans un lieu non identifié et les a étranglées ou les a abattues. La police a exécuté sommairement au moins trois membres de gangs présumés en présence de leurs proches.

Les forces de sécurité étaient souvent accompagnées par un kuluna présumé, portant lui aussi parfois un masque, qu’elles utilisaient comme informateur pour savoir où les autres kulunas présumés passaient la nuit. Dans au moins trois cas, ces « guides » ont aussi été tués. La police a parfois pris les téléphones, l’argent et d’autres effets personnels trouvés pendant les arrestations. Le lendemain matin, aux premières heures, la police abandonnait les corps des victimes près de l’endroit où l’arrestation avait eu lieu. Dans deux cas, les corps ont été abandonnés dans la banlieue de Kinshasa, loin de la maison familiale.

D’après les récits des membres des familles et des personnes qui ont trouvé les corps, y compris un employé de la morgue, des officiers de police et un caméraman, 23 des victimes avaient des marques nettes de strangulation alors que quatre autres présentaient des blessures par balle. Certains avaient des marques indiquant qu’ils avaient eu les bras ligotés dans le dos, alors qu’au moins trois avaient les parties génitales coupées et d’autres avaient des dents cassées ou des blessures par arme blanche.

Dans la plupart des cas, les cadavres gisaient dans la rue pendant plusieurs heures, suscitant la panique et la peur parmi les habitants, jusqu’à ce que des policiers en uniforme les ramassent et les amènent à la morgue. La police a souvent intimidé les membres des familles des victimes et, dans certains cas, leur a interdit d’organiser des funérailles ou une cérémonie de deuil traditionnelle, forçant les familles à se rendre directement au cimetière après que le corps a été récupéré à la morgue.

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