19. mars, 2017

Deux années plus tard, la fosse commune de Maluku reste un mystère

Dans la nuit du 18 au 19 mars 2015, les forces de sécurité en RD Congo ont creusé secrètement une fosse commune à la lisière d’un cimetière proche de la capitale, Kinshasa, et y ont enterré plusieurs centaines de corps. Le lendemain, des habitants de la commune, Maluku, ont signalé la puanteur de cadavres, ainsi que les militaires et le mystérieux camion qu’ils avaient vus au beau milieu de la nuit.
 
Les autorités congolaises ont admis peu de temps après que 421 corps avaient bien été inhumés à cet endroit cette nuit-là, affirmant que les dépouilles étaient celles d’indigents dont les familles n’avaient pas les moyens de financer les funérailles, de personnes décédées non identifiées et de bébés mort-nés. Des responsables de la Croix-Rouge locale ainsi que des employés d’hôpitaux et de morgues de Kinshasa ont fortement contesté cette affirmation.

Deux ans plus tard, les mensonges du gouvernement n'ont toujours pas été élucidés.

Un officier des forces de sécurité a déclaré plus tard à Human Rights Watch que des membres de la Garde républicaine, qui assure la sécurité du président, étaient impliqués dans l’inhumation, et qu’il y avait parmi les cadavres ceux de victimes tuées lors de l’Opération Likofi et des manifestations de janvier 2015.

Les autorités congolaises devraient apporter aux familles des victimes les réponses et la justice qu’elles méritent. Les autorités, avec l’aide d’experts légistes internationaux, devraient exhumer les morts à Maluku et révéler leurs identités. Ils pourront alors traduire les personnes responsables des exécutions sommaires et des disparitions forcées en justice.

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