23. mars, 2017

L'ONU soupçonne l'existence d'au moins 17 fosses communes dans les Kasaï

Il est fort probable que les atrocités commises par les FARDC aux Kasaïs prennent une ampleur bien au-delà de ce qui est connu à ce jour. Il devient difficile de continuer à nier.

En tout cas, le ton à Kinshasa commence à changer: la ministre des droits de l’homme, Marie-Ange Mushobekwa, reconnaît qu’il y a eu des dérapages au sein de l’armée mais, selon elle, il n’y a pas eu d’ordre de tuer des civils désarmés. « Ces éléments indisciplinés, j’ai bien dit indisciplinés, ont agi seuls, en violation de l’éthique et de la déontologie militaire. Et nous en sommes profondément désolés. C’est pourquoi le président de la République est déterminé à ce que de tels actes ne restent pas impunis. »

Après les révélations sur les massacres perpétrés par l'armée congolaise, l'association La Voix des sans voix pour les droits de l'homme demande à la justice d'élargir ses enquêtes en cours à des crimes similaires qu'elle a documenté dans le Kasaï Oriental. Rostin Manteka, le directeur exécutif de La Voix des sans voix, évoque notamment sur des exactions dans les territoires de Kabeya-Kamwanga et Miabi.

« Dans ces deux territoires les militaires des FARDC ont également perpétré de nombreux crimes. Plusieurs miliciens y ont été tués, y compris des personnes innocentes. Il y a eu même des villages entiers qui ont été brûlés et des personnes se sont enfouies pendant plusieurs semaines dans des forêts et des brousses. Donc nous voulons que ces crimes soient également pris en compte et je crois qu’une enquête internationale serait indispensable pour lutter, effectivement, contre l’impunité des crimes en République démocratique du Congo et que toutes les victimes de ces crimes puissent bénéficier de réparation par rapport au préjudice subi ».

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