31. mars, 2017

La commission diocésaine accuse les forces de l’ordre de tueries à Kananga

Dans un communiqué publié ce jeudi et intitulé «carnage des forces loyalistes dans les trois communes sur cinq de la ville de Kananga», l’abbé Bruno Ntumba, coordonnateur de cette commission, déplore le «comportement inacceptable des forces de l’ordre à l’endroit des citoyens Congolais innocents.

« D’après tous les témoignages recoupés, les forces de l’ordre entrent dans les domiciles des habitants et demandent de l’argent. Vous donnez, on vous laisse la vie sauve, vous ne donnez pas, on tire sur vous à bout portant. Ceux qui sont tués, il y a des militaires qui vous disent que c'est parce que vous cachez les miliciens chez vous et que vous ne voulez pas les dénoncer, et donc, nous devons en finir avec vous. C’est tout à fait inacceptable. La population a fui dans la brousse. Il faut aller chercher et sécuriser cette population, pour lui redonner confiance. On a à faire - excusez-moi le terme est trop dur - à des bandits», s’indigne l’abbé Ntumba.

Il affirme que l’opération de ratissage des forces de l’ordre a plongé la ville de Kananga dans «la désolation totale et une situation humanitaire très fragile», appelant au passage à l’arrêt immédiat de cette opération.

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Les mêmes méthodes s'observent partout où sévit l'armée. On ne peut pas dire qu'il s'agit de cas isolés locaux, qui échappent au contrôle des autorités militaires. L'occurence systématique de ce ce genre de crimes partout au Congo est un indicateur que les militaires sont instruits à se comporter de cette façon en terrorisant la population en qui tout porteur d'uniforme voit un ennemi. Cela aggrave ainsi la responsabilité des autorités militaires: on ne peut pus parler de négligence de leur part, mais d'une volonté explicite de nuire et d'appauvrir la population. Vers où ces autorités pensent-elles que de telles stratégies vont amener notre Congo?