31. mars, 2017

Barrage routiers au Nord-Kivu: pillages organisés

Un rapport vient de sortir sur les barrages routiers à Walikale et Masisi, dans la province du Nord-Kivu.

Ce rapport identifie un total de 134 barrières routières, dont 58 à Masisi et 76 à Walikale. Parmi celles-ci, 95 (ou 70 %) sont exploités par des forces gouvernementales ou acteurs tolérés par l’état (comme des coopératives) et 39 (ou 30 %) par des groupes armés. Les barrages routiers exploités par les structures gouvernementales (allant de différentes entités administratives, à la police et à l’armée) se concentrent en grande partie autour des principaux axes routiers des deux territoires. Les barrages routiers exploités par différents groupes armés sont pour la plupart situés en dehors des routes principales, et sont concentrés en quelques zones isolées.

L’armée  nationale  est  le  principal  acteur  exploitant  des  barrières  routières,  avec  57  soit  44%  des  barrières  auxquelles  les  FARDC  sont  associés.  L’armée  est  suivie  par  les  services  de  chefferies/secteurs,  présents  sur  22  soit  17%  des  barrières.  La  troisième  place  est  tenue  par  des  acteurs  s’autoproclamant  démobilisés  des  Raia  Mutomboki,  avec  18  soit  14%  des  barrières.  La  quatrième  place  est  partagée  par  l’Agence  Nationale  de  Renseignements  (ANR)  et  la  Police  de  Circulation  Routière  (PCR),  les  deux  étant  présentes sur 17 soit 13% des barrières dans les deux territoires.

En savoir plus

Les hommes en uniformes, sensés protéger la population, sont en train de la piller. Entre-temps les chefs hiérachiques des FARDC, ANR, PCR et consorts, répètent à qui veut l'entendre que leurs hommes se comportent très bien. Comment comprendre cela? Soit cela veut dire qu'ils exécutent très bien les ordres de leurs supérieurs, en retour évidemment de leur part, soit ces chefs ne savent pas distinguer le bien du mal. En tout cas, pour nous, ce saignement économique de notre population déjà appauvrie par tous ces sang-sues est un crime intolérable. Quand l'Etat devient prédateur, le peuple n'a plus aucune protection. 

CELA DOIT ARRETER!