19. avr., 2017

Que pouvons-nous attendre des rapports internes?

Les massacres au Kasaï, ont-ils été commis par nos FARDC ou pas? La communauté internationale exige un rapport indépendant. Logique, on ne va pas demander au lion de vérifier si c'est lui qui a avalé la vache. Mais le gouvernement refuse. Il tient à mener lui-même son enquête interne, même s'il est évident qu'il est en même temps juge et partie.

Que pouvons-nous attendre d'une telle enquête?

Nous le savons à l'avance. Rappellez-vous de l'opération de police Likofi. Rappellez-vous comment de novembre 2013 à février 2014 cette opération visait les kulunas, membres de gangs de la capitale. L’ONG Human rights watch avait à l’époque dénoncé un usage excessif de la force et déploré la mort ou la disparition de dizaines de jeunes. En rendant public le rapport interne, Evariste Boshab, vice-Premier ministre en charge de l'Intérieur, a loué le professionnalisme de la police et démenti fermement tout usage excessif de la force. Et depuis, plus rien. Pas de justice pour les disparus, l'impunité continue.

En savoir plus sur le rapport interne de l'opération Likofi

Alors comprenez-vous qu'il est impossible pour nous d'accepter pour les crimes au Kasaï une enquête interne de plus? Nous en connaissons déjà le contenu à l'avance. Et nous savons déjà avec certitude et indignation, que les vrais responsables échapperont une fois de plus à la justice. Un justice, qui d'ailleurs, a déjà fait preuve à maintes reprises de son instrumentalisation par le pouvoir.