20. oct., 2017

Nos militaires sont instrumentalisés pour intimider nos politiciens opposants

Alphonse Ntumba Luaba, secrétaire exécutif honoraire de la CIRGL est désormais coordonnateur du mouvement citoyen «Debout Congolais Bâtissons» et candidat, depuis le mois de juillet, à l’élection présidentielle en RDC. Aparemment, cette intention déclarée suffit pour que ceux qui se sentent menacés par sa candidature demandent à l'armée de la RDC d'aller intimider un de ses citoyens.

Monsieur Ntumba avait informé l’autorité provinciale de la tenue ce vendredi 20 octobre 2017 par le mouvement citoyen qu’il dirige, d’un sit-in à la Gare centrale de Kinshasa pour dénoncer les propos du président de la CENI évoquant le délai de 504 jours pour l’organisation des élections. Au lieu de recevoir une réponse officielle, une vingtaine d'hommes en uniforme et bien armés débarquent chez lui, deux jours avant, vers 23 h de la nuit. Ils examinent l’extérieur de la maison et les véhicules. Ils accusent le propriétaire de tenir des réunions irrégulières et et d'héberger des personnes douteuses. 

On ne peut appeler une telle action autrement que intimidation. Le commandant de cette unité, qui a permis que ses hommes soient instrumentalisés pour une cause aussi ignoble, est complice au terrorisme étatique en RDC et devrait être arrêté et puni. Mais qui pourrait le faire, dans un pays où tout le monde accepte de l'argent pour saborder les institutions de notre république?

Quant à la justice, connaissez-vous un pays plus ridicule que le nôtre, où le Ministre de la Justice lui-même déclare que « la détention et l’inculpation sont utilisés par les magistrats pour soutirer de l’argent aux justiciables. Les magistrats congolais violent systématiquement la constitution congolaise en faisant de la détention la règle et de la liberté l’exception alors que la loi fondamentale stipule le contraire. Les magistrats ne respectent même pas le délai de prononcé du jugement et font pression aux parties pour gagner le maximum. Les juges préparent deux jugement à l’avance. L’un donnant raison à chaque partie au procès, et ces jugements sont montrés aux parties qui subissent ainsi un véritable chantage

C'est qui le premier responsable du bon fonctionnement de la justice au Congo? C'est bien le Ministre de la Justice! Si lui-même constate de telles abérrations graves sans y remédier immédiatement avec force, il n'y a qu'une attitude responsable possible: c'est la démission. Qu'attendez-vous, Mr. Tambwe?

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