26. févr., 2018

La police se cache derrière le mensonge pour fuir sa responsabilité dans le meurtre de Rossy Mukendi

Nous l'avions tous entendu: à la veille de la troisième marche pacifique organisée par le Comité Laic de Coordination le 25 février 2018, le Général Sylvano Kasongo avait promis que la police serait "ferme mais courtoise" pour un objectif "zéro morts". Nous comprenons désormais ce que le Général comprend par courtoisie: un assassinat prémédité, ni plus ni moins.

Les témoins sont formels: Rossy Mukendi a entendu la policière l'appeler par son nom, avant de lui loger une balle dans l'abdomen. Il est décédé plus tard à l'hôpital. C'était un crime ciblé prémédité.

Au lieu de reconnaître son crime, la police se défend en décrivant Rossy comme un fauteur de troubles, semant le désordre. Il était assistant au département des Relations Internationales à l’Université Pédagogique Nationale (UPN) et un militant ardent pour la démocratie au Congo. Il est donc clair que pour la police, démocratie est égale à troubles. Cela se comprend, les uniformés généralement aiment bien les dictatures, car cela donne plus de pouvoir à leur uniforme. Ils peuvent l'utiliser pour intimider et tracasser les gens. La démocratie est troublante pour les porteurs d'uniformes.

Mais même si Rossy était véritablement un fauteur de troubles, est-ce que cela pourrait justifier son assassinat par la police? DANS AUCUN CAS! Le colonel Pierrot Muanamputu, porte-parole de la police, se trompe s'il croit que cela peut dédouanner son organisation, qui est devenue ni plus ni moins une organisation criminelle et doit être jugée par la justice. 

Lire l'inacceptable défense de la police sur Radio Okapi