2. mai, 2018

Les réseaux de patronage nuisent à la cohésion des FARDC

Vous vous êtes posés la question aussi souvent que nous: comment se fait-il que notre armée soit si médiocre, ne comprend pas son rôle, se tourne contre nous, le peuple, se comporte souvent comme des électrons libres, se croyant tout permis?

Une chercheuse vient de publier son analyse sur les causes de ce phénomène regrettable: nos soldats ne sont pas sous le contrôle des officiers, mais plutôt des réseaux de patronage.

Madame Judith Verweijen analyse les effets des réseaux de patronage sur la cohésion dans les forces armées de la République démocratique du Congo. Elle montre que, s'il est vrai que les réseaux de patronage fournissent du soutien au personnel militaire, ceux-ci sapent en même temps les liens entre pairs et entre les commandants et les subalternes. Ils favorisent des conditions et des statuts de service inégaux et les relient à des formes d'identification sociale extra-unitaire et extra-militaire, qui sont encore renforcées par les conditions de vie des soldats et la génération de revenus auprès des civils. De plus, ils nuisent à la méritocratie et perturbent les attentes des subalternes en termes de comportement de leurs commandants. Comme ils alimentent les conflits internes, souvent autour de la génération de revenus, et favorisent de mauvaises conditions de service et la méfiance envers les dirigeants politiques et militaires, les réseaux de patronage minent également la cohésion institutionnelle.

L'article conclut que la formation de la cohésion dans les FARDC suit des schémas différents de celle des forces armées bien institutionnalisées et bien dotées en ressources. Étant donné que la cohésion a un impact sur les performances de combat et l'application des normes, ces conclusions sont pertinentes pour les efforts de réforme de la défense et la coopération militaire.

Lire tout l'article (en anglais)

Espérons que le ministre de la Défense s'inspirera de telles études scientifiques pour aider l'armée à émerger, plutôt que de continuer à se plier aux exigences des réseaux de patronage, qui ne lui sont que trop bien connus!