2. mai, 2018

La RDC, un Etat de droit?

Notre cher ministre de la communication Lambert Mende ne cesse de le claironner à la mondre occasion: notre pays est un Etat de droit.

Pourtant, la réalité semble indiquer le contraire. Prenez par exemple le meurtre des deux experts internationaux en matière de droits de l'homme au Kasaï. Les services gouvernementaux ne cessent d'interférer avec les enquêteurs des Nations Unies. Pensez-vous que c'est pour servir le droit? Ou plutôt pour obnubiler certaines vérités?

Voyons le leader du mouvement citoyen Filimbi, Carbone Beni, qui est coffré depuis plus de 4 mois. Il vient d'être admis à l'hôpital mardi 1er mai, après quatre mois de détention dans les geôles de l'Agence nationale de renseignement. 

Le frère de Carbone Beni, qui a pu le voir à plusieurs reprises à l’ANR, dénonce les mauvais traitements infligés aux activistes. « Ils ont été tabassés et torturés dès le premier jour de leur détention, affirme-t-il. Depuis, mon frère souffre terriblement au genou.»

Voulez-vous connaître l'hypocrisie de notre gouvernement? Vous allez me dire 'non', mais j'ai le devoir de vous en informer quand-même. Contacté par Jeune Afrique, le porte-parole du gouvernement congolais, Lambert Mende, indique « ne pas connaître les raisons de l’arrestation » de Carbone Beni. « Mais il ne peut y avoir de détention supérieure à 48 h sans une décision de justice, assure-t-il. S’il est détenu depuis quatre mois, c’est forcément de la compétence d’une autorité judiciaire. Rappelons que l’ANR est l’auxiliaire du Parquet. »

Voilà la logique de Lambert Mende, voilà l'Etat de droit dans lequel nous vivons: deux droits et deux mesures. L'ANR comme tortionnaire du gouvernement. Le crime institutionnalisé. L'impunité cautionnée par le gouvernement. L'Etat de non-droit. Pauvre Congo. Pauvre congolais.

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