29. juin, 2018

Tolérance zéro pour les forces de l’ordre responsables de violations des droits de l’homme

Le ministre de la Justice Alexis Thambwe Mwamba a assuré ce jeudi 28 juin 2018 qu’il y aura la tolérance zéro pour des éléments de la police et de l’armée auteurs des violations des droits de l’homme sur l’étendue du pays. «Contrairement à toutes les propagandes qui se font contre le pays, nous faisons ici beaucoup plus que dans d’autres pays qui ne sont pourtant pas aussi indexés dans des rapports de la communauté internationale que nous».

«Ce que beaucoup ne savent pas c’est que dans la plupart des pays africains, il y a très peu des militaires qui soient en prison. Et dans notre pays, il y a quelques années, les seuls militaires qui étaient en prison c’est ceux qui n’avaient pas respecté les consignes, ils avaient perdu leurs armes. Mais aujourd’hui nous avons à peu près 3.500 militaires dont les dossiers ont été fixés et qui sont devant les juridictions actuellement. Et nous avons à peu près 4.000 militaires qui sont devant l’auditorat général.  Donc en gros, il y a plus de 10.000 militaires qui font l’objet des poursuites. Sur les 26.000 prisonniers à travers la République, il y a 3000 militaires qui sont condamnés, y compris les généraux, les colonels, etc », dit le ministre.

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Comment devons-nous interpréter les propos du ministre?

  1. Le nombre de crimes commis par les hommes en uniforme est énorme. Le nombre de militaires poursuivis n'est pas l'indicateur le plus important. C'est plutôt le pourcentage des militaires criminels qui sont poursuivis. Ce chiffre n'est pas donné. Il doit être très bas, tout simplement parce que le nombre de crimes est très élevé. L'impunité continue donc à régner, malgré les apparences que veut créer le ministre.

  2. Le vrai mal du pays est qu'il ait permis d'en arriver là: que des milliers de militaires aient pu commettre des crimes tout au long de ces années, sans qu'il n'y ait des mesures fondamentales pour combattre cette dérive, ni pour les prévenir. C'est de cela que le ministre devrait avoir honte. Le gouvernement a fermé les yeux et les militaires se croient au-dessus de la loi. 

  3. Un ministre responsable ne doit pas défendre la situation dans son pays en argumentant qu'ailleurs, c'est pire, mais que le Congo est visé par la propagande. Monsieur le Ministre, mettez en place une politique qui prévient les crimes de nos hommes en uniformes et vous aurez les louanges du monde entier. Prévenir vaut mieux que guérir. Vous avez tout en mains pour faire de notre pays un Etat de droit, tel que le veut notre constitution. On se demande pourquoi vous n'avez d'attention que pour les symptômes du mal congolais, et pas pour les causes. Peut-être parce que vous faites partie du probème et non pas de la solution?