17. août, 2018

Programme de l'UDPS pour les élections 2018: armée et police

Voici un extrait du programme politique avec lequel l'UDPS se présente à nous, électeurs. Nous vous présentons ici ce que ce parti propose en matière de réformes de l'armée et de la police nationales. Lisez le attentivement. Qu'en pensez-vous?

 

RESTAURER L’ÉTAT DE DROIT ET DONC SON AUTORITÉ

La réalisation de ce Programme postule, avant tout, que notre pays cesse d’être un non-État pour devenir un État de Droit. Un État capable de gérer et de défendre ses frontières, d’asseoir une administration efficace autant que d’exercer son autorité sur toute l’étendue du territoire national.

Un État à même de maintenir l’ ordre public, d’assurer la sécurité judiciaire et juridique des personnes ainsi que de leurs biens . Un État capable de conduire une diplomatie adulte et une politique extérieure responsable, sur base du principe gagnant~gagnant. Un État à même d’intégrer la nouvelle conception des frontières, conséquence de la mondialisation et de la globalisation.

Toutes ces missions de l’État, qui couvrent les domaines dits régaliens, seront sanctuarisées et ne devront faire l’objet d’aucune sous-traitance.

Enfin, dans ses nouvelles missions de progrès, la RDC devra devenir un État capable d’instaurer sur la totalité du Territoire un Climat propice aux Affaires.

Réformes proposées dans le domaine de la Défense nationale

Nous allons doter la RDC d’une politique claire et opérationnelle en matière de défense, de sécurité et de maintien de l’ordre public, afin d’instaurer la paix et la stabilité, qui sont des préalables à l’administration de l’ensemble du territoire national en vue de son développement.

Nous allons faire reposer notre politique de défense et de sécurité sur six attitudes stratégiques: connaître, prévenir, anticiper, dissuader, protéger et si le devoir l’impose, intervenir.

Nous allons faire un Plan de cinq ans pour « Une Nation, une Armée».

L’objectif de ce Plan sera de pourvoir, en cinq ans, la RDC, d’une Armée  digne de ce nom, dont les principales missions seront:

Protéger le territoire national à ses frontières et à l’intérieur du pays, Éradiquer les groupes armés et les milices, qui ont transformé, notamment l’Est de la RDC , en un sanctuaire où l’on viole, pille et tue en toute impunité.

Nous allons doter le Plan « Une Nation une Armée» d’un budget conséquent. Ce fonds, dont la gestion fera l’objet d’une instruction particulière du Gouvernement, sera financé en partie par le trésor public et pour l’autre partie, par des partenaires extérieurs.

Nous allons présenter aux bailleurs de la MONUSCO, une feuille de route, étayée, indiquant les étapes de fin de cette Mission en RDC au bout de 5 ans d’une part et, d’autre part, motivant la nécessité de réorienter une partie de leurs contributions dans les besoins de la mise en oeuvre du Plan « Une Nation une Armee».

Nous allons mettre en évidence l’un des éléments de l’agenda de notre Plan qui sera de prendre le relais de l’accomplissement des missions actuellement dévolues à la MONUSCO.

Nous allons instruire le nouveau gouvernement, devenu volontariste et disposant d’une vision claire dans sa politique en matière de défense et sécurité de ne plus sous-traiter par l’étranger ce secteur régalien.

Nous allons veiller à ce qu’au sein de cette nouvelle armée, qui comprendra des Forces Spéciales, un nombre suffisant de ces corps d’élites soient commises à la lutte contre le terrorisme et le pillage des ressources naturelles.

Nous allons former au sein de l’armée des unités spécialisées pour intervenir efficacement lors des catastrophes naturelles et dans les travaux de génie civile.

Nous allons accélérer et parachever l’intégration en cours des Forces Armées Congolaises (FARDC) actuelles, comme l’un des mécanismes de l’édification de la nouvelle Armée.

 

Nous allons redonner à la jeunesse congolaise le goût de s’engager à servir sous le drapeau .

Une nation de 80 millions d’âmes, doit pouvoir trouver un pour cent  (800.000) de garçons et de filles prêts à recevoir une éducation civique, une formation générale et spécifique, et un entraînement militaire adéquat pour être en mesure de défendre la patrie à tous les niveaux de grades de l’Armée.

Nous allons réhabiliter les centres de Kota-Koli au nord, Kamina au sud, Kitona à l’ouest et Kananga au centre, les équiper en matériels militaires et les doter d’instructeurs de haut niveau dans le but de disposer, chez-nous, des infrastructures nécessaires à l’édification et à l’entretien de notre Armée Nationale.

Nous allons établir des passerelles vers la vie civile pour les militaires qui auront atteint la limite d’âge ou de la durée de service.

Nous allons inciter au départ volontaire par l’octroi de pécules adaptés et nous proposerons des options de reconversion dans la vie civile.

Nous allons mettre fin à l’absence chronique de discipline au sein de l’Armée, qui est en fait, aujourd’hui, un corps quasiment sans âme.

Nous allons prendre des mesures vigoureuses pour supprimer les causes de cette indiscipline. Elles concerneront, entre autres, le standard et le mode de recrutement, les vivres, les soldes, la formation et la promotion en grades des militaires, tout autant que les conditions de casernement de ces derniers.

Nous allons doter l’Armée, non seulement d’un Code de conduite, mais également de modalités de son respect associées à un barème de sanctions, positives et négatives, sans lesquelles tout discours sur la discipline est dérisoire.

Nous allons, pour réaffirmer le caractère républicain et apolitique de notre armée, prendre les mesures idoines pour sanctionner la détention illégale d’armes. Cette mesure sera d’application sur toute l’étendue du Territoire national et, d’une manière particulière dans l’Est du pays.

Réformes proposées dans le domaine de la Sécurité Intérieure et de l’Administration publique

Depuis la Rome antique, dans une République digne de ce nom, les militaires ne sortent des casernes que pour accomplir leurs missions spécifiques. C’est pourquoi les tâches suivantes sont dévolues à la Police:

  • Assurer la sécurité des personnes et de leurs biens,
  • Lutter contre la criminalité et la délinquance,
  • Maintenir l’ordre public,
  • Réprimer les infractions pénales,
  • Fournir le renseignement et l’information pour prévenir toute menace susceptible de porter atteinte à l’ordre public,
  • Protéger les symboles de nos institutions.

Nous allons mettre sur pieds, une Police nationale chargée de faire respecter la loi par tous, en toutes circonstances et d’une manière égale. Cette institution pourra rassurer et donc sécuriser les habitants et leurs biens, partout dans le pays.

Nous allons veiller à ce que la Police nationale accomplisse les missions qui lui sont dévolues, dans un esprit Républicain. Pour ce faire, nous appliquerons à la Police, mutatis mutandis, les mesures énoncées pour le Plan «Une Nation une Armée».

Nous allons procéder à une réforme en profondeur des Services de Renseignement, sclérosés depuis l’époque du Maréchal Mobutu, pour en faire un corps professionnalisé, conforme aux standards de notre époque.

Nous allons procéder à la fermeture des cachots et autres endroits de détentions illégales.

Nous allons rendre les Services de Renseignement aptes à assurer leurs missions à l’État et dans tout le pays, plutôt que d’être commis au service d’un individu, soit-il le Chef de l’État.

Nous allons rationaliser le processus de la décentralisation afin de permettre à chaque entité décentralisée, quelle que soit sa taille, de contribuer à son propre développement.

Nous allons revisiter la restructuration des Entités décentralisées, qui a été effectuée dans la précipitation en vue de semer la confusion à l’approche des échéances électorales de 2016. Nous lancerons un processus de décentralisation graduelle et maîtrisée. A cet effet, nous nous engageons à réécrire la loi sur la programmation du découpage territorial.

Nous allons permettre aux entités décentralisées de pouvoir disposer des moyens de fonctionnement qui soient en adéquation avec leurs attributions et leu rs ch arges.

Nous allons mettre l’Administration publique à niveau, pour qu’elle puisse mieux concourir à l’efficacité et à la continuité des services que l’État met à la disposition du citoyen.

Nous allons assainir, restructurer et dépolitiser l’Administration publique pour en faire un outil efficace dans l’accomplissement de ses missions régaliennes et sectorielles de l ‘État.

Nous allons accorder une attention particulière à la revalorisation de la Fonction publique. Les mesures qui seront prises concerneront notamment: le cadre organique, le recensement des effectifs et le statut de ses Agents.

Nous allons instaurer un dialogue permanent et constructif, entre partenaires sociaux, en vue d’améliorer le barème des rémunérations et les conditions de travail des fonctionnaires et agents de l’État.

Nous allons mettre en place un système d’évaluation des agents des services publics et procéder au rajeunissement dans le secteur, en recrutant de nouvelles unités sur base des tests de compétence à l’embauche.

Nous allons réhabiliter, progressivement, les locaux des services de l’Administration publique et assurer leur rééquipement, en vue de permettre aux fonctionnaires d’accomplir leur travail, dans de conditions décentes.

Nous allons améliorer le système de retraite des fonctionnaires et agents de l’État.

Nous allons permettre à l’Administration publique d’effectuer un saut qualitatif dans le numérique, en lui dotant d’un Schéma Directeur des Systèmes d’lnformation (SDSI) fiables, efficients et sécurisés permettant non seulement, d’assurer la communication des données et leur valorisation à des fins de définition et de pilotage des politiques publiques, mais aussi et surtout, d’identifier les solutions synonymes de bonne gouvernance devant mener à la performance et à l’efficacité de l’Administration publique.