23. août, 2018

Agents de l’Etat responsables de près de la moitié des violations (BCNUDH)

C'est vrai qu'avec les dernières évolutions politiques, nous ne nous attendons pas à une accalmie en matière de violations des droits humains. Avec tout ce que la majorité présidentielle est en train de tramer (imposition des machines à voler, listes des électeurs flouées, candidats aux élections barrés, CENI partisane, budgets insuffisants, nouveaux glissements probables,...) il est clair que les protestations vont encore s'intensifier et que les représailles pour protéger le pouvoir illégitime de Joseph Kabila ne manqueront pas. Préparons-nous à de nouveaux martyrs pour la démocratie.

Mais même avant que la nouvelle vague de violences ne démarre, les violations s'aggravent. Le nouveau rapport du Bureau conjoint des Nations Unies pour les droits de l’homme (BCNUDH) est bien clair sur ce point:

"En juillet 2018, le BCNUDH a documenté 515 violations des droits de l’homme en RDC, soit une hausse par rapport aux 458 violations documentées en juin 2018. Alors que le nombre de violations commises par les agents de l’Etat est en légère baisse, ils demeurent néanmoins responsables de la moitié des violations documentées. 

Sur l’ensemble du territoire, les agents de l’Etat sont responsables de près de la moitié de ces violations, dont l’exécution extrajudiciaire d’au moins 19 personnes.

Dans les provinces non affectées par le conflit, 84 violations des droits de l’homme ont été documentées, soit une baisse par rapport au mois de juin (94 violations). Toutes ces violations sont imputables à des agents de l’Etat, dont plus de 64 % à des agents de la PNC (54 violations). La majorité des violations commises dans ces provinces ont été enregistrées au Kongo Central (30 violations), suivi des provinces de l’Equateur (12 violations) et du Haut-Katanga (11 violations).

En juillet 2018, le BCNUDH a continué d’appuyer les juridictions militaires et civiles dans le cadre de la lutte contre l’impunité. À titre indicatif, au moins 11 militaires des FARDC et quatre agents de la PNC ont été condamnés pour des violations des droits de l’homme sur l’ensemble du territoire de la RDC."

Lire tout le communiqué de presse du BCNUDH

Ne soyons pas étonnés si bientôt, après les envoyés spéciaux, le gouvernement refuse aussi d'accréditer les observateurs des droits de l'homme, sous le prétexte de la sacrosainte souveraineté, mais en réalité pour ne pas être dérangés dans leurs sales besognes.