1. sept., 2018

Humanitaires brutalisés par soldats et policiers à Tanganyika

Le 20 août, le Gouverneur de la province du Tanganyika a annoncé la fermeture de tous les sites et centres collectifs des déplacés internes entre le 20 et le 31 août. Les  acteurs humanitaires ont reçu une interdiction formelle d’accéder aux sites et d’y apporter assistance. Les opérations de fermeture se sont déroulés en présence des forces armées et de la police nationale. Plusieurs agents humanitaires ont été menacés par les autorités et le matériel d’ONG et agences onusiennes a été pillé et abîmé. Une partie du matériel a pu être récupéré après intervention d'une autorité provinciale. 

L’ordre de fermer les sites des déplacés vient du président Kabila lui-même, et les acteurs au niveau des provinces doivent montrer qu’il y a du progrès. Les motifs derrière cette fermeture forcée sont, officiellement, le retour au calme dans leurs zones d'origine et le déployement de l'armée dans ces zones. Mais franchement, connaissant le comportement de nos militaires, cela n'est absolument pas une mesure qui peut convaincre, bien au contraire.

Le problème est que les procédures internationalement agréées n'ont pas été respectées: le retour n'a pas de caractère volontaire car aucun effort n'a été fait pour connaître les intentions de retour des concernés et il y a un manque manifeste d’information sur où les retournés sont partis et dans quelles circonstances ils se retrouvent aujourd'hui.

Avant le Tanganyika, des fermetures forcées pareilles ont été mises en oeuvre au Nord-Kivu aussi, alors que de nombreux incidents sécuritaires y sont encore signalés tous les jours. Malgre ça, le retour forcé a été imposé. Y aurait-il un lien avec la période électorale qui s'approche?