4. sept., 2018

Bilan de la répression policière contre la Lucha

Vous avez tous entendu les propos hier du Général de Police Sylvano Kasongo, n'est-ce pas? Celui-là même qui devrait veiller sur le respect de la population, de la constitution et de la démocratie au Congo, se moque de tout cela à la fois.

"Qui connaît la Lucha ici? Ils ont fait des tracts, campagnes et personne n'a suivi. Ils n'étaient qu’à 22 pour toute la ville. Kin a combien d'habitants? Ce n'est même pas une goutte d'eau dans l’océan", dixit le protégé et le protecteur de la Kabilie.

Depuis quand, dans une dictature, mesure-t-on la déception de toute une population par le nombre de jeunes qui ont le courage de braver la mort devant les fusils et grenades de la police sanguinaire? Il existe bien d'autres façons de mesurer cela. Des élections transparentes par exemple. 

Mais on en a visiblement peur. Glissement de deux ans (et peut-être plus), exclusion des candidats les plus forts, adoption de méthodes pour manipuler les résultats (machine à voter). Et puis on s'étonne que les jeunes en ont marre?  Ce monsieur ne vit pas en RDC, il vit en RDK: la République dictatoriale de la Kabilie.

La Lucha nous communique le bilan de la journée d'hier: 89 arrestations au total dont 27 dans la capitale, 23 blessés dont 6 grièvement et des agressions du type sexuel. À  Bukavu, deux filles de la Lucha ont été agressées sexuellement par des policiers pendant leur arrestation au siège de la CENI. Lorsque l’une d’elle s’est plainte auprès du commandant de l’unité, ce dernier lui a répondu sans sourciller: « C’est ce que tu mérites !»

Au lieu de se moquer des jeunes courageux, ce Sylvano Kasongo ferait mieux de s'inquiéter du comportement de ses troupes et de la réputation de ses uniformés. Car ce qu'ils nous ont montré hier, est une preuve de plus qu'ils ne comprennent absolument rien à leur rôle républicain. 

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