27. sept., 2018

Les victimes de viols sont victimisées non seulement par leurs bourreaux, mais aussi par la police

Récemment, j'ai rencontré la famille d'une jeune fille de 9 ans qui avait été violée. Lorsque le père a surpris l'auteur en flagrant délit, le violeur a été amené à la police. Mais il a été libéré rapidement, sans aucune répercussion de la part du système judiciaire.

Cette situation n'est malheureusement pas unique à Bikoro... On entend souvent parler de cas de viols et de violences sexuelles qui sont réglés à l'amiable et non devant la justice. La police conseille aux victimes de négocier un arrangement directement avec leurs bourreaux. Si la victime est mineure, ce sont les parents qui négocient une entente. Pire encore, les policiers profitent de ce type de situation en collectant d'importantes sommes d'argent auprès des familles des violeurs en échange de leur libération. Tout ce que les bourreaux ont à faire, c'est de payer pour ne pas être harcelés par le système judiciaire... Ils continuent à vivre leur vie tranquillement après avoir détruit la vie de leurs victimes.

La police ne semble rien faire pour les victimes de violence sexuelle. Au contraire, leurs pratiques encouragent même les hommes à continuer car ils savent qu'ils ne seront pas harcelés. Pourtant, l'article 34 de la Convention relative aux droits de l'enfant stipule que "les Etats parties s'engagent à protéger l'enfant contre toutes les formes d'exploitation et d'abus sexuels". Même s'ils n'ont pas les moyens d'envoyer les coupables devant le tribunal de Mbandaka, situé à plus de 100 kilomètres de Bikoro, ils ne devraient pas faire d'argent en les libérant. Ils doivent respecter les lois qui ont été établies et garantir la protection de chaque femme et de chaque enfant.

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