30. sept., 2018

La police étouffe une tribune d'expression contre l'insécurité à Bukavu

Dans un pays qui se vante d'être démocratique en incluant cet adjectif dans le nom officiel du pays, on peut quand-même s'attendre à une bonne compréhension de ce mot? Aparemment pas chez nous. En RDC, démocratie veut dire 'dictature de la majorité'. Partout ailleurs au monde, 'démocratie' est synonyme de liberté d'expression, participation du peuple aux décisions majeures, respect des minorités. Pourquoi pas chez nous?  Il n'y a qu'une explication possible: parce que chez nous cet adjectif n'est qu'une couverture, une façade.

La preuve en a encore été donnée à Bukavu ce samedi 29 septembre. La société civile a voulu organiser une tribune d'expression populaire contre l'insécurité dans la ville de Bukavu. A travers la tribune d'expression, la société civile voulait obtenir l'implication des couches de la population afin qu'elles s'approprient l'opération Tujikinge (protégeons-nous) initiée par le gouverneur pour lutter contre l'insécurité.

Mais la police ne l'entendait pas comme ça. "Plus de cent policiers ont étés déployés à l'endroit où devrait se tenir notre tribune d'expression populaire. Arrivés sur le lieu, nous avons été sérieusement agressés. Nous avons reçu des coups”, a dénoncé Julien Namegabe, membre de la société civile et organisateur de la tribune.

Quel crime ont-ils commis? Quelle loi a été violée? La seule loi violée, à notre avis, c'est notre constitution qui, dans son article 23, dit clairement: Toute personne a droit à la liberté d’expression.

La police n'avait donc aucun droit à disperser cette initiative pacifique et constitutionnelle, et certainement pas d'utiliser la violence pour y parvenir. Un cas très clair d'abus de pouvoir.

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