17. nov., 2018

La police tue deux étudiants par des tirs à balles réelles

Vous avez investi vingt ans de votre vie à éduquer un fils et à générer des moyens pour le permettre d'aller étudier à l'université. Votre enfant, las des grèves des profs, revendique ses droits à la formation et participe à une manifestation pour réclamer la reprise des cours. Le général de la police décide d'y envoyer ses forces de l'ordre en les donnant des balles vives. On ne donne pas des balles vives à des policiers pour qu'ils les gardent dans la poche. Donc les uniformes bleus sortent leurs armes-à-feu et un étudiant est mortellement blessé et décède quelques jours après.

L'annonce de son décès a provoqué un nouveau mouvement de colère. Des centaines d'étudiants se sont rassemblés devant l'hôpital universitaire avant que les forces de l'ordre n'interviennent. D'après plusieurs témoins, les policiers tiraient à balle réelle, utilisaient des gaz lacrymogènes, dépouillaient les étudiants et ont même brulé des ordinateurs. Un deuxième étudiant tombe victime d'une balle réelle. La policie n'avait donc absolument rien appris du premier incident et reste convaincu qu'elle a le droit d'utiliser des armes mortelles contre les citoyens congolais.

Le ministre de l'Enseignement supérieur et universitaire, Steve Mbikayi, s'est exprimé sur Twitter : « Les balles réelles sont interdites sur les sites universitaires. J’exige une peine exemplaire contre les policiers responsables des tirs qui ont engendré la mort. Celui qui avait tiré le 12 novembre est aux arrêts. L’autre doit être identifié. Mes condoléances aux familles éprouvées ».

Mais cela ne suffit pas. Le vrai responsable, c'est celui qui a autorisé l'usage de balles réelles pour mater les manifestations. C'est lui le plus grand criminel de tous les policiers concernés. C'est lui qui doit être interpellé. S'il a même un petit rien de conscience, le général Sylvano Kasongo lui-même devrait reconnaître ses responsabilités et démissionner immédiatement!

Mais nous ne nous faisons aucune illusion. Chez nous au Congo, les responsables des policiers sont sélectionnés pour leur manque de conscience et leur degré de loyauté aveugle envers le pouvoir hors mandat. Ils se savent donc protégés et pensent que tout leur est permis. Et c'est ainsi que nous nous retrouvons au Congo dans un Etat policier ou la vie d'un citoyen a moins de valeur qu'un grain de sable sur le beach de Kinshasa.

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