5. janv., 2019

Le rôle des hommes en uniformes dans les dérapages électoraux

Nous l'avons tous clairement vu: la police, tout comme d'autres services étatiques d'ailleurs, a été utilisée par le camps du FCC lors de la campagne électorale du dauphin de Kabila, Emmanuel Shadari et contre les candidats de l'opposition actuelle.

Mais le jour des élections, plusieurs incidents ont été signalés où des policiers étaient impliqués:

  • certains bureaux de vote avaient été installés dans des lieux prohibés comme des postes de police. Etait-ce pour intimider les électeurs?
  • Au Maniema, la police a chassé des électeurs des bureaux de vote, dans certains cas après qu’ils eurent protesté contre le fait qu’ils ne trouvaient pas leur nom sur les listes électorales. Ceci n'est absolument pas le rôle de la police. 
  • À Walungu, dans la province orientale du Sud Kivu, un agent de police a tué un homme en tirant sur des électeurs qui accusaient avec colère un technicien de la CENI de manipuler le scrutin en faveur de Shadary. Les électeurs se sont alors emparés de l’arme du policier et l’ont abattu, puis ont battu à mort le technicien. Si la police nr'avait pas commis ce crime, la justice populaire n'aurait pas eu lieu.

Ce sont quelques exemples que nous trouvons dans le rapport de Human Rights Watch

Comment se comportera la police lorsque la CENI, sous la pression de la Kabilie, déclarera Shadari vainqueur des élections, contrairement à la volonté du peuple, ou lorsque le FCC fera annuler les résultats des élections pour garder Kabila au pouvoir?

Nous craignons le pire: la protestation de notre peuple trompé sera massive et l'acharnement de Kabila à rester au pouvoir l'amènera à utiliser la police une fois de plus contre les citoyens. Cette fois-ci les dégâts risquent d'être plus grands qu'avant. Espérons que les responsables au sein de la police finiront par comprendre que maltraiter tout un peuple ne contribue aucunément à une solution quelconque et que le mieux que la police puisse faire serait de s'abstenir ou même de s'opposer aux ordres qui la pousseraient à commettre des crimes étatiques contre le peuple.