23. janv., 2019

L'ANR, un fouet politique en mains du Raïs

L'article précédent explique comment l'ANR a pu devenir un service qui échappe entièrement au contrôle démocratique et n'est redevable qu'au Raïs Kabila. Ce que cela veut dire concrètement peut être illustre parfaitement par ce qui est arrivé à Tembos Yotama à Butembo, au Nord-Kivu. C'est un jeune leader qui a su se faire apprécier par la population à cause du système de vigilence civile qu'il a mis en place dans le quartier de Mutsanga, et qui a été multiplié aussi dans d'autres quartiers. Il s'est présenté comme candidat aux élections législatives nationales, mais à Butembo celles-ci ont été différées au mois de mars, sous prétexte de l'ebola et de l'insécurité, à la demande du ministre de l'intérieur Mova, homme fort du FCC.
 
L'arrestation de Tembos doit sans doute être vu comme un acte politique, cherchant à empêcher Tembos d'accéder à un siège au parlement. Son frère, qui est avocat et candidat aux élections provinciales, raconte l'arrestation en ces termes:
 
DECLARATION DE L'ACTIVISTE DES DROITS HUMAINS MAITRE MBENZE YOTAMA FACE AU TRAITEMENT INHUMAIN DE TEMBOS YOTAMA DEPUIS SON ARRESTATION
 
Alors que la « liberté individuelle est garantie » au regard de larticle 17 de la Constitution de la R.D.C, le comble cest que cette prérogative semble être piétinée en ville de Butembo en particulier et en R.D.C en général. 
 
Le cas de 'larrestation de Monsieur TEMBOS YOTAMA à la date du Lundi 14/01/2019 par les agents de l'ANR, FARDC et policiers armés jusqu'aux dents est éloquent à ce sujet. 
 
Cétait vers 10h45, lorsque ces agents de l'ordre avaient encerclé et fait incursion dans la parcelle du précité où ils ont eu à crépiter plusieurs balles réelles avant de procéder à son immobilisation ou mieux à son arrestation ainsi que celle de trois autres personnes. 
Le curieux et le surprenant c'est que TEMBOS YOTAMA n'avait été ni informé du motif de son arrestation moins encore aucun document d'arrestation ne lui avait été présenté lors de son arrestation. N'est-ce pas là une violation grave de lalinéa 1er de larticle 18 de la Constitution de la R.D.C qui stipule que « Toute personne arrêtée doit être immédiatement informée des motifs de son arrestation et de toute accusation portée contre elle  » ?
 
Il sied de déplorer que depuis que TEMBOS YOTAMA avait été arrêté par l'ANR/ Butembo, T2 Beni jusquà l'ANR/GOMA, ce vaillant compatriote est toujours privé de tout contact avec sa famille et/ou avec ses avocats conseils, ce qui est une violation grave de l'alinéa 3e de larticle 18 de la Constitution de la R.D.C qui stipule que «  La personne gardée à vue a le droit dentrer immédiatement en contact avec sa famille ou avec son conseil  ».
 
En plus, depuis qu'il est à Goma, TEMBOS YOTAMA a directement été Conduit au Cachot de l'ANR GOMA célébrement connu sous le nom de « CHIEN MECHANT » où l'on admet ni visite ni nourriture aux détenus. Pourtant l'alinéa dernier de l'article 19 de la Constitution renseigne que la personne accusée peut se faire assister également devant les services de sécurité comme il en est le cas à tous les niveaux de la procédure pénale.
 
Au-delà d'un montant de plus de 500 $  extorqué à TEMBOS le jour de son arrestation ainsi que beaucoup d'autres biens de valeurs emportés dans sa maison, nous déplorons le fait que MUTSANGA est devenu un terrain d'enrichissement sans cause par les agents de l'ordre au point que téléphones, argents etc. sont pillés et on y procède aux arrestations arbitraires pour se créer de largent. 
 
Le cas de l'arrestation des commerçants comme MALI, JENTO KAVATSAWA et maitre CHARLES TSONGO, etc (tous voisins de TEMBOS) nous parle un peu plus fort ; ceux-ci avaient été arrêtés la journée du mercredi 16/01/2019 à Mutsanga pour être libérés tard dans la nuit après qu'ils aient payé des sommes exorbitantes en contre-partie de leur liberté. N'est-ce pas là un enrichissement sans cause ? 
 
Pourquoi priver TEMBOS de tout contact et de la nourriture lui emmenée par sa famille ? Quel plan ont-elles réellement, les autorité,s sur la personne du combattant du peuple TEMBOS YOTAMA ? Pourtant l'alinéa dernier de l'article 18 de la Constitution stipule que «  Tout détenu doit bénéficier dun traitement qui préserve sa vie, sa santé physique et mentale ainsi que sa dignité ».
 
Tout en qualifiant l'arrestation de TEMBOS YOTAMA d'arbitraire, il y a lieu de dénoncer en fait la violation grave respectivement des articles 5 de la D.U.D.H (Déclaration Universelle des Droits de lHomme) disposant que « Nul ne sera soumis à la torture, ni à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants » et de larticle 9 de la D.U.D.H qui stipule que « Nul ne peut être arbitrairement arrêté, détenu, ni exilé ». 
 
Craignant en fait pour la situation sanitaire de TEMBOS, il est impérieux de réitérer par la présente que tous ceux qui ont concouru à l'arrestation de TEMBOS seraient responsables (sur le plan du Droit) si jamais un mal venait à arriver à ce soldat du peuple.
 
Réitérant ainsi que TEMBOS YOTAMA doit être immédiatement libéré sans condition et déplorant ce régime de terreur et de la chasse à lhomme que lautorité urbaine veut instaurer en ville de Butembo, nous suggérons ce qui suit : 
 
a) A l'auditeur militaire
De se saisir d'office de ces agents de l'ordre qui ont eu à crépiter injustement des balles réelles dans la parcelle de TEMBOS YOTAMA le jour de son arrestation. 
D'ouvrir une action judiciaire à leur charge pour une infraction de dissipation des munitions et de les soumettre à la rigueur de la loi. 
 
b) A la MONUSCO et à toutes les structures de défense des droits humains : 
De s'invertir et de continuer leurs plaidoyers devant l'autorité compétente jusqu'à ce que ce combattant du peuple recouvre sa liberté. 
 
c) A toute la population 
De reconnaitre que le droit se réclame toujours et de continuer à soutenir votre cher frère TEMBOS, combattant du peuple. 
« Au finish, nous demandons la liberté de TEMBOS YOTAMA sans condition aucune et de tous ceux avec qui il était arrêté ainsi que le respect des libertés individuelles dans notre chère ville ».
En sus nous demandons la restitution de son argent lui extorqué lors de son arrestation. 
 
Que vive le respect des droits humains 
Ainsi, fait à Butembo, le 20/01/2019 
 
Maître MBENZE YOTAMA