15. févr., 2019

HRW: les meurtres postélectoraux constituent un test pour le nouveau président

La nouvelle administration de la République démocratique du Congo devrait faire la preuve de son engagement en faveur des droits humains, en lançant une enquête impartiale sur les meurtres d’au moins 10 personnes par les forces de sécurité lors de manifestations postélectorales le 10 janvier 2019 et en engageant des poursuites contre leurs responsables. La plupart des personnes tuées et blessées ce jour-là protestaient après l’annonce controversée de la victoire de Félix Tshisekedi à l’élection présidentielle qui s’était tenue le 30 décembre 2018.

« Bien que ces meurtres aient été commis avant son entrée en fonction, la réponse qu’apportera le président Tshisekedi aux violences postélectorales constitue un premier test important pour son administration », a déclaré Ida Sawyer, directrice adjointe de la division Afrique à Human Rights Watch. « Après des années de répression brutale de la part du gouvernement sous son prédécesseur Joseph Kabila, Tshisekedi devrait démontrer que les victimes d’abus et leurs familles peuvent obtenir justice. »

Les forces de sécurité ont blessé des dizaines de personnes lors des manifestations ayant suivi l’annonce des résultats provisoires de l’élection. Au moins 28 personnes ont été blessées par balles à Kikwit, à Kananga, à Goma et à Kisangani, lorsque les forces de sécurité ont dispersé les manifestants.

Les Principes de base des Nations Unies sur le recours à la force et l’utilisation des armes à feu par les responsables de l’application des lois stipulent que les forces de sécurité « auront recours autant que possible à des moyens non violents avant de faire usage de la force ou d’armes à feu. » Lorsque l’usage de la force est inévitable, elles doivent agir de manière proportionnelle à la gravité de l’infraction et à l’objectif légitime à atteindre, minimiser les blessures et préserver la vie humaine. En outre, elles « ne recourront intentionnellement à l’usage meurtrier d’armes à feu que si cela est absolument inévitable pour protéger des vies humaines. »

« Les forces de sécurité ne devraient pas pouvoir s’abriter derrière le fait que les résultats de l’élection soient contestés pour protéger de toute poursuite en justice leurs membres qui ont commis de graves crimes », a affirmé Ida Sawyer. « Les nouveaux responsables du pays ont l’obligation d’enquêter sur ces crimes et de faire en sorte que l’impunité ne demeure pas la norme. »

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