4. avr., 2019

Jeannette Mapera envisage un audit des biens des officiers à Beni

La seule dame jusque-là réélue aux législatives nationales du 30 décembre dernier dans la partie Nord de la province du Nord-Kivu s’inquiète de l’instabilité qui y perdure en dépit de plusieurs opérations militaires. Pour elle, il faut évaluer ces opérations et procéder au changement total de la chaîne de commandement : « Le problème de l’insécurité au Nord-Kivu date de plus de 20 ans et je pense qu’avec le changement des principaux animateurs des institutions  à la tête du pays, les nouvelles autorités vont se pencher sur cette problématique insécuritaire. Mais, à mon avis, je crois qu’il faut remplacer aussi les officiers militaires et leurs dépendants qui sont au Nord-Kivu surtout dans le Grand-Nord de la province où les FARDC mènent actuellement les opérations pour éradiquer les groupes armés locaux et étrangers. Nous disons ça parce que nous avons constaté sur terrain que des fois on ne sait pas faire une distinction entre les ennemis, les ADF (Alliances des Forces Alliés) et nos militaires. Ces ADF viennent la nuit, tuer, violer, égorger et piller en portant une tenue semblable à celle des FARDC (Forces Armées de la République Démocratique du Congo).Pour le moment, il y a donc une sorte de rupture totale de confiance entre la population et notre armée car on ne se sait pas qui est qui, que ça soit du côté des FARDC, même au niveau de la Monusco. Il y a vraiment du flou qui est en train de s’installer de ce côté-là pendant ces 4 dernières années pendant lesquelles le massacre  de la population a pris de l’ascenseur », a dit à la presse Madame Jeannette MAPERA.

Ce notable du Nord-Kivu ne comprend pas pourquoi, un officier ou un même bataillon peut passer plus de dix ans à Beni comme s’il est devenu chef coutumier de ladite région. «Un militaire qui fait dix ans à Beni, au front, c’est quand-même inacceptable car il peut se tisser des affinités avec des citoyens de tout bord, les bons comme les mauvais. Nous qui avons grandi sous Mobutu, aucun militaire ne pouvait faire plus de six mois dans une même contrée ou sur le front sans être relevé. Ces officiers militaires-là qui sont à Beni, ne sont-ils pas en train de se lancer dans les affaires surtout le commerce de bois, de l’huile de palme, des minerais au lieu de combattre ? Quand un officier est muté au Nord-Kivu notamment à Beni, Butembo, c’est sa famille qui est en liesse à Kinshasa au lieu d’être triste parce qu’il y un des leurs qui est envoyé au front. Toutes ces maisons construites à Goma et dans les grandes villes du pays, tous ces charroies automobiles que ces officiers militaires nous exhibent à Kinshasa proviennent d’où ? Je crois qu’il faut faire l’audit des biens des tous les officiers engagés dans les opérations militaires au Nord-Kivu en général et dans le Grand-Nord en particulier pour essayer de bien comprendre la cause de la persistance de l’insécurité dans cette zone », plaide-t-elle.

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