15. avr., 2019

Un comité pour éradiquer les tracasseries aux frontières sera bientôt mis en place

Un comité de surveillance des frontières congolaises va être créé en vue de s'assurer que seuls les services autorisés prestent et que les passages des personnes et marchandises se fassent sans tracasseries. Le Président Félix-Antoine Tshisekedi a pris cette décision dimanche 14 avril à Lubumbashi à l'issue d'une réunion avec les services aux frontières.

« Après échanges sur le désordre causé par la multiplicité d’autres services, essentiellement militaires, il a été décidé de l’instauration de l’autorité de l’État dans le poste frontalier de Kasumbalesa et dans tous les autres postes frontaliers de la République. Il a été aussi décidé la mise sur pied d’un Comité de surveillance devant concourir à n’avoir que les 4 services autorisés à chaque poste frontalier du pays avec le concours de l’Inspection générale de l’armée ainsi que le concours de l’Inspection générale de la police, pour des missions ponctuelles en vue de débarrasser les frontières de tous les services excessifs et mettre ainsi fin aux tracasseries qui enveniment le climat des affaires », a indiqué Azarias Ruberwa qui a lu le compte rendu de la réunion.

La Direction générale des migrations, la Direction générale de douane et accises, l’Office congolais de contrôle et le service d’hygiène sont les seuls habilités à œuvrer aux frontières.

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Ce qui nous réjouit: le constat est fait en publique et la part des militaires dans les tracasseries est clairement exprimée. 

Ce qui nous rend sceptique: le Président sous-estime les complicités au niveau local. Bien d'autres réformes dans le passé n'ont pas eu l'effet recherché parce que les connivances locales sont telles que toute réforme est vouée à l'échec. Le comité de surveillance sera évidemment tenté d'y collaborer aussi. Bref: les intentions sont bonnes, mais les pesanteurs sont bien connues, et le manque de poids politique du président, suite à la négociation de son mandat (au lieu de son élection) le met dans une position qui ne lui permettra pas d'imposer réellement sa volonté. On le laissera faire quelques déclarations publiques, et puis tout redeviendra comme avant.