25. sept., 2019

ADF, MTN, bandits ou militaires: qui tue les civils d'Oïcha?

Journée très surchargée ce lundi 23 septembre pour les forces de sécurité à Oicha chef lieu du territoire de Beni au lendemain du meurtre par balles d’au moins 7 civils.

La tension populaire était vive et deux militaires FARDC ont été lynchés par des manifestants en colère. Les dégâts matériels sont énormes. Le trafic Oicha-Eringeti et les activités socio-économiques sont restées paralysées toute la journée.

Notre source sur place fait savoir que la tension est restée vive toute la journée de ce lundi à Tenambo à plus ou moins 1.5 km d’Oicha centre. Des manifestations de colère ont éclaté après le meurtre d’au moins 7 civils la soirée de dimanche 22 septembre par des hommes armés non encore identifiés.

Du feu, de la fumée et des barricades ont été observés sur les artères principales et secondaires. La barrière FONER et les dispositifs sanitaires ont été saccagés. Les forces de sécurité ont tiré des bombes à gaz lacrymogène et des balles réelles pour tenter de remettre de l’ordre, mais en vain.

L’administrateur du territoire de Beni est descendu sur le lieu du drame accompagné du commandant des opérations Sokola I et du substitut de l’auditeur militaire du Nord-Kivu. Le représentant du chef de l’Etat en territoire de Beni s’est limité à présenter les condoléances.

Donant Kibwana écarte l’hypothèse d’une incursion ADF à Tenambo. ”Ça doit être des bandits vêtus en tenue semblable à celle de nos militaires qui auraient tué “, a-t-il lancé.

L’une des proches des victimes de ce crime estime que les auteurs de ce crime doivent être recherchés parmi les éléments FARDC basés sur place.

“Un béret appartenant à un militaire bien connu par les civils a été retrouvé sur le lieu du drame, et l’officier qui est arrivé pour les enquêtes l’a pris avec lui “, a-t-il témoigné.

Parmi les victimes de cet acte barbarie, l’épouse du Chef adjoint du quartier Bakaiko. Des bandits habillés en tenue militaire de FARDC lui ont criblé de balles alors qu’elle était dans une activité ménagère.

Selon le Chef de localité Bakila-Tenambo, il s’agit de militaires incontrôlés qui ont commis cet acte. Maeti Kikongo appelle la population au calme et les autorités civilo-militaires à vite enquêter sur ce fait pour que les auteurs soient identifiés jugés et punis. A en juger les nombreuses attaques précédentes, les assassins resteront une fois de plus hors portée de la justice et l’impunité continuera à régner en maître. Le cap pour le changement n’a visiblement pas encore été arrondi, malgré les promesses de la nouvelle équipe présidentielle.