6. oct., 2019

Les rebelles sont armés entre autres pas les FARDC: l'armée nationale est complice aux rébellions

Il existe bien un embargo sur les livraisons d’armes aux groupes rebelles de l’est de la RDC, et pourtant de nouvelles armes apparaisssent tout le temps. D'où viennent ces armes?

Tout d'abord des FARDC, selon le chercheur congolais Jean-Jacques Wondo. Selon lui, des réseaux criminels au sein de l’armée alimentent en armes les rebelles ougandais de l’Alliance of Democratic Forces et d’autres groupes.

Un rapport du Conseil de sécurité de l’ONU de 2012, révélait qu’un réseau dirigé par le commandant de la 9ème région militaire, le général Jean-Claude Kifwa a fourni des armes aux Mai Mai Morgan en Province orientale dont des lance-grenades et des mitrailleuses. Par ailleurs, Jean-Jacques Wondo accuse l’actuel chef d’Etat-major adjoint, le général Gabriel Amisi, alias “Tango Four”,de soutenir des groupes rebelles. Pour le chercheur congolais, la stratégie des officiers supérieurs des FARDC consiste à maintenir un certain niveau de conflictualité leur permettant de mettre la main sur les primes des soldats qu’ils gèrent ainsi que sur des budgets opérationnels additionnels et de se livrer à du trafic de carburant.

Un autre cas de figure est la capture de matériel par des rebelles comme ce fut le cas, en octobre 2008, lorsque le Congrès national pour la défense du peuple de Laurent Nkunda s’est emparé de tout l’arsenal du camp de Rumangabo au Nord Kivu.

Et puis, il y a les armes qui proviennent des États voisins. Selon James Bevan de l’ONG britannique Conflict Armament Research (CAR), le gouvernement de Khartoum a vendu du matériel aux FARDC mais le M23 en a acquis beaucoup. Outre des munitions russes, des balles pour fusils belges FN ou allemands HK 93, fabriqués par une société d’Athènes, la Pyrkal Greek Powder & Cartridge Company, provenant du Soudan, ont été également retrouvés chez des groupes armés de l’est du pays, selon Amnesty International.

Selon un rapport de l’ONU de 2012, le Rwanda et l’Ouganda ont livré des mitrailleuses 12,7 mm, des munitions pour AK 47, des grenades et des mortiers au M23, tandis que les rebelles du FRPI dans l’Ituri ont obtenu des armes de la part officiers ougandais, en échange d’or. Le “catalogue” des fournitures aux rebelles comprend des fusils d’assault R4 sud-africains qui avaient été livrés aux Forces armes rwandaises, avant le génocide de 1994 ainsi que des pistolets serbes 7.65 mm Zastava Model 70, trouvés en Ituri, transportés auparavant par la société Silverback Cargo, de Belgrade à Kigali.

Cette propension à la circulation des armes d’un camp à l’autre, pose la question de la responsabilité des fournitures aux FARDC, indépendamment du fait que ces dernières sont également à l’origine de nombre de violations de droits de l’homme et de trafics.

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