10. oct., 2019

Le changement de nos uniformés est-il visible dans les statistiques des violations des DH?

Depuis que le CACH, une des deux aliances politiques formant la coalition actuelle au pouvoir en RDC, a annoncé le changement, celui-ci est-il perceptible dans les statistiques? Prenons le rapport du mois de septembre du Secrétaire général des NU sur la MONUSCO. Nous vous présentons quelques extraits parlants:

54. Le nombre de violations des droits de la personne au deuxième trimestre de 2019 a reculé de 5 % par rapport au premier trimestre, la MONUSCO ayant enregistré 1 479 cas. Dans près de 56 % des cas, les faits étaient imputables à des agents de l’État, principalement des soldats des FARDC et des éléments de la Police nationale congolaise. Pour le reste, c’est-à-dire dans 44 % des cas, les violations étaient le fait de groupes armés. La situation des droits de la personne demeure particulièrement préoccupante dans les provinces touchées par le conflit, où plus de 85 % de toutes les violations ont été commises, en particulier au Nord-Kivu, au Sud-Kivu, dans les Kasaï et au Tanganyika. Au moins 286 civils (dont 66 femmes) ont été victimes d’exécutions extrajudiciaires ou sommaires.

55. Le nombre de violations des droits civils et politiques et des libertés fondamentales a encore décliné au deuxième trimestre de 2019, atteignant près de la moitié du nombre enregistré au premier trimestre. Les violations commises ont été essentiellement le fait d’agents de l’État, principalement d’éléments de la Police nationale congolaise. On observe que les atteintes à la liberté de presse et les agressions et menaces visant les défenseurs des droits de la personne et autres acteurs de la société civile se poursuivent. Dans certains cas, des groupes armés ont pris pour cible des journalistes et des membres de la société civile qui avaient signalé des atteintes aux droits de la personne ou soutenu le travail des équipes d’intervention contre l’Ebola. Si plusieurs manifestations pacifiques n’ont donné lieu à aucun débordement, d’autres ont été réprimées par les autorités, qui ont parfois eu recours à la force létale.

59. Au deuxième trimestre, plus de 300 femmes, 70 filles et 1 homme ont été victimes de diverses formes de violences sexuelles liées aux conflits (viols, viols collectifs, mariages forcés). Plus de la moitié de ces faits ont été commis par des groupes armés au Nord-Kivu, ce qui en fait la province la plus touchée par les violences sexuelles, suivie de celles du Tanganyika et du Sud-Kivu.

60. Dans l’ensemble, les groupes armés étaient responsables de 72 % des cas recensés de violences sexuelles, tandis que les agents de l’État, principalement les soldats des FARDC, représentaient les 28 % restants. Parmi les groupes armés, les membres des FDLR et du NDC-R ont été les principaux auteurs de ces actes au Nord-Kivu, suivis des combattants des Maï-Maï Fimbo Na Fimbo dans la province du Tanganyika.

Conclusion: s'il y a effectivement une baisse du nombre d'incidents observés, la proportion des cas causés par nos services dits de sécurité reste encore très élevée et ne permet certes pas encore de conclure que notre pays est devenu un Etat de droit. Espérons que cette tendance se renforce, et que la part de responsabilité des FARDC et de la PNC se réduira rapidement à un niveau proche de zéro.