19. oct., 2019

En ville de Butembo (Nord-Kivu) la Véranda Mutsanga accuse!

A l’occasion du dernier passage en ville de Butembo, du Gouverneur du Nord-Kivu, hon. Nzanzu KASIVITA, la Véranda Mutsanga, un groupe de pression fonctionnant en province du Nord-Kivu, ayant comme cheval de bataille « le système de sécurité populaire », avec trois piliers « la vigilance, la surveillance et la Dénonciation Populaire en temps utile de toute sorte d’antivaleurs, l’insécurité étant une première antivaleur, a eu un échange très serré sans gants ni casques avec le patron de la province et lui a présenté 15 causes de l’insécurité en ville de Butembo.

1°/. L’insuffisance dans l’encadrement des agents de l’ordre : les agents de l’ordre, avec des familles nombreuses, n’étant pas bien traités, bien rémunérés, ils finissent par se donner à insécuriser les citoyens pour leur soutirer quelques choses par tous les moyens.

2°/. La présence des armes incontrôlées parmi des habitants : pour dire vrai, il y a plusieurs armes incontrôlées cachées au sein des habitants en ville de Butembo et ses environs, ces armes sont utilisées pour insécuriser les habitants. Certains militaires ont aussi plusieurs armes en leur possession à part ce qu’ils détiennent officiellement, et souvent ils les louent aux civils pour des opérations criminelles.

3°/. La non-destruction des armes récupérées entre les mains des bandits ou ramassées dans des bosquets : par le concours de la population, plusieurs armes sont récupérées par les services de sécurité depuis plusieurs années, curieusement on n’a jamais entendu parler, en ville de Butembo, de la destruction de ces armes, et des fois, ces services disent que ces armes ont été égarées (cas d’une arme récupérée par les membres de la véranda Mutsanga des mains d’un bandits à BUNYUKA dans le dossier du kidnapping des prêtres, remis à l’ANR, quelques années plus tard quand il faut fixer le dossier au tribunal, l’ANR dit avoir égaré cette arme). C’est curieux.

4°/. L’impunité qui a sérieusement élu domicile : malgré les dénonciations qui peuvent venir de tout bord, il n’y a que les petits fretins qui sont sanctionnés et les gros poissons paraissent intouchables. Plusieurs des officiers ont des mains sales, entretiennent d’une manière ou d’une autre des bandits, mais ils ne seront jamais sanctionnés même pas interpellés, et souvent quand ces bandits qui sont entretenus par ces officiers sont arrêtés, curieusement, ils ne font pas beaucoup de temps en prison, ils sont directement libérés car hautement protégés, et redeviennent un danger pour ceux qui les ont dénoncés, sous couvert de slogans comme « liberté provisoire, insuffisance des preuves,… ».

5°/. La Présence de plusieurs groupes armés dans les environs de la ville de Butembo : la ville de Butembo étant un grand centre commercial à l’Est de la RDC, les membres des groupes armés, tant nationaux qu’étrangers, circulent beaucoup dans ce grand centre pour des opérations. Et souvent, ces groupes ont leurs collaborateurs dans la ville, qui leur donnent des informations de tout ce qui se passe, et y font des grandes activités sous anonymat. Cette expérience dans le système de sécurité populaire nous a fait découvrir plusieurs non-dits, et quand on veut tenter d’en parler, c’est la foudre que nous attirons, chose qui explique cette rancœur de plusieurs autorités contre la véranda Mutsanga, étant donné que nous dénonçons régulièrement leurs mafias.

6°/. Complicité de certains citoyens et autorités : nous pouvons dire que la responsabilité est souvent vraiment partagée. Plusieurs citoyens complotent avec les porteurs d’armes pour insécuriser la ville, plusieurs citoyens sont des bandits et opèrent avec des bandits armés. Mais c’est prouvé, en ville de Butembo, chaque service a des bandits de son obédience, il y a ceux qui sont protégés par l’ANR, ceux qui sont protégés par l’auditorat, d’autres par la Police. Eux-mêmes les arrêtent et les relâchent quelques heures plus tard, ce sont leurs chiens de chasse. Pour avoir dénoncé ça, souvent ça nous a couté des arrestations, des prisons, des intimidations,…
L’insécurité en ville de Butembo est généralement entretenue par des agents qui veulent s’enrichir. Un réseau mafieux s’est déjà constitué en ville de Butembo, constitué essentiellement des autorités, qui se disent « twasha soloma » et qui se disent que, si vous quitter Butembo sans avoir construit une maison en dure, c’est-à-dire que vous mourrez malheureux.

7°/. Les autorités ne s’inquiètent plus de la sécurité des personnes, ils ne voient que des dossiers juteux, des dossiers qui vont leur rapporter de l’argent, ils s’intéressent plus aux crimes économiques, que la vraie criminalité. Ainsi, les habitants sont abandonnés à leur triste sort.

8°/. L’ancienneté de plusieurs agents de l’ordre en ville de Butembo : plus les agents font longtemps dans une zone donnée, plus ils maitrisent tous les coins, plus ils se familiarisent aux bandits et plus s’impliquent aussi dans le banditisme. En ville de Butembo, on se demande si les agents sont devenus des chefs coutumiers.
En prenant l’exemple de l’ANR, la majorité des agents a déjà fait plus de 10 ans en ville de Butembo, d’autres sont là depuis l’époque de la rébellion, de même pour des policiers de rang, il y a ceux qui ont déjà fait plus de 20 ans en ville de Butembo, comment voulez-vous qu’ils ne se familiarisent pas aux mafias ? Voyez combien un agent de l’ANR touche comme salaire et inventoriez ses investissements en ville ?? Les responsables aussi de l’ANR et de la Police doivent être remplacés, ils viennent de faire longtemps dans cette ville et sont accusés dans plusieurs dossiers louches qu’ils ont accumulés, mais leur hiérarchie fait comme si de rien n’était.

9°/. Les services se sont plus investis dans la Riposte contre la MV EBOLA au détriment de la sécurité traditionnelle : à part que, un accent particulier soit mis sur la riposte contre EBOLA, les services ont investi tout leurs énergies, les agents et autorités y ont focalisé leurs efforts , au point qu’ils y ont tous affectés des beaux véhicules, ils y ont fait engager leurs femmes, copines, fils , frères,….et c’est là qu’ils accordent une attention particulière plus que dans la sécurité traditionnelle, et quand les bandits déstabilisent la ville, ils savent qu’il y a moins des patrouilleurs, car nombre d’entre eux sont affectés à la riposte contre EBOLA, à la sécurité des banques et des personnalités, mais ceux qui font la sécurité traditionnelle sont moins nombreux.

10°/. Les règlements de compte : plusieurs cas de banditisme sont vraiment l’œuvre, conséquence des conflits dans la société, et souvent de règlements de compte s’en suivent et des fois on enregistre des pertes en vies humaines.

11°/. Justice mal rendue : Souvent, les plus petits perdent des procès tout simplement parce qu’ils n’ont pas de moyens pour corrompre les magistrats avec des sommes colossales, ainsi, pour avoir perdu le procès par manque d’argent, plusieurs se résignent et ne se contentent que par se venger, jusqu’à aboutir à des assassinats, des incursions punitives et commandités des hommes à mains armés, et cela s’observe dans plusieurs dossiers.

12°/ Une mauvaise gestion des conflits fonciers : bien que la loi congolaise dise que le sol et le sous-sol appartiennent à l’Etat, la coutume interfère beaucoup dans la gestion des terres, curieusement des magistrats qui ne tiennent pas compte de la gestion des terres chez les Nande, ne se contentent que des corruptions et prononcent des jugements sans tenir compte de la manière dont les terres sont gérées chez les Nande, et au finish créent des conflits qui se clôturent toujours par des règlements des comptes, vengeances, assassinats,….

13°/. Mauvaise gestion de la prison centrale de Butembo : a part la complicité des gestionnaires de cette prison dans plusieurs cas d’évasions, des prisonniers sont libérés nuitamment pour aller opérer, et reviennent au grand matin pour regagner la prison, tout cela se fait sous la bénédiction des hauts gestionnaires de la prison. Ces mêmes gens autorisent les prisonniers à avoir des téléphones en prison, et plusieurs opérations criminelles sont planifiées à partir de la prison étant donné qu’ils sont en contact permanent avec l’extérieur.

14°/. Le chômage et la pauvreté : un nombre important de jeunes est en chômage, avec l’insécurité, il n’y a plus moyen d’aller faire les champs dans les villages, et plusieurs habitants passent des journées à réfléchir s’ils vont manger quoi ? Des jeunes diplômés qui ne parviennent même pas à s’acheter des unités pour la communication,…. Ceux qui sont prêts à apprendre le métier n’y parviennent pas parce qu’ils ne savent pas payer les petits frais de formation,….., et par conséquent ils finissent par s’imaginer des moyens illégaux pour survivre, notamment le banditisme et plusieurs autres vont se faire enrôler dans les groupes armés, en revenant, habitués à la vie facile dans le maquis, ils vont finir par commencer à insécuriser les habitants pour leur survie.

15°/. L’affairisme de certaines autorités : plusieurs autorités se sont déjà donné aux affaires et ont oublié leur rôle traditionnel. Ces autorités et officiers à Butembo, ont tous des véhicules qui travaillent dans la riposte, plusieurs ont signé des contrats à la Riposte et ont carrément abandonné leur bureau, passent tout leur temps dans les réunions de la riposte.
L’ANR et la police se sont déjà constitués en chiens de chasse pour le patron de la cours opérationnelle pour frustrer, terroriser et rançonner les pauvres citoyens, une mafia à ciel ouvert se passe dans cette ville sous la barbe impuissante de l’autorité civile.

En conclusion : Le système de sécurité traditionnel et officiel ayant été corrompu, infiltré et ruiné, on ne devrait plus croiser les bras étant donné que le mal est très profond et pas facile à guérir. C’est pourquoi, la Véranda Mutsanga a vu le jour avec le système de sécurité populaire, à côté des sources officielles, que les habitants s’impliquent activement dans la sécurité, pour soutenir le système de sécurité traditionnelle qui a du mal à rétablir la sécurité car ayant été infiltré jusqu’au sommet.

«Rien ne peut marcher sans la sécurité, la sécurité d’abord pour un Développement durable!» 
c’est dans ce sens que la Veranda Mutsanga a demandé au Gouverneur de prendre au plus grand sérieux ces causes, et les autorités qui nous lisent doivent en tenir compte, car on assiste à un cercle vicieux, les mêmes causes produisant les mêmes effets.

Fait à Butembo, le 18/10/2019
Pour la Véranda Mutsanga
Léonce AKILI MALI : 09 98 81 18 41