5. mai, 2021

"L'état de siège sera géré par des militaires sans reproches ni attaches avec l'Est"

N'est-ce pas qu'on nous avait juré que les nouvelles autorités militaires à mettre en place au Nord-Kivu et en Ituri n'allaient avoir aucun lien, aucun précédent, aucune attache avec les provinces concernées et seraient sans reproches dans leur carrière?  Voyons voir ce qu'il en est:

Le profil du nouveau gouverneur du Nord-Kivu, général Luboya Nkashama renseigne que c’est un ancien rebelle du RCD-Goma, proche du général Amisi Tango Four et du général rwandais James Kabarebe. Il était chef des renseignements militaire du RCD, il a été incorporé en 1999 au centre d'entraînement de Gabiro au Rwanda. Promotion Onusumba.

Le vice-gouverneur policier, Benjamin Alonga Boni, était l’adjoint opérations et renseignements de John Numbi lors de l’assassinat Chebeya / Bazana. Il a témoigné en 2011 devant la cour de la présence de policiers cagoulés, selon un avocat. 

Le général Constant Ndima, nouveau gouverneur de l’Ituri, est présenté dans un rapport du groupe d’experts de l’ONU comme le patron de l’opération Effacer le tableau en Ituri. Lui-meme aurait été surnommé “effacer le tableau”.

Voilà les hommes galonnés qui vont sauver la population des massacres.

Nous ne sommes pas seuls à avoir nos craintes: RFI a collecté les opinions suivantes:

Pour David Ung’Yertho, un notable de l’Ituri, les craintes portent sur le comportement des militaires. « Tous ces militaires et ces officiers étaient dans des bandes criminelles... que l'on suspecte d'avoir eu des contacts avec les pays voisins. Il fallait d'abord commencer par identifier et extraire les infiltrés », regrette David Ung’Yertho.

Une autre frange de la population pense qu’il s’agit là des fondements de la balkanisation du pays, comme Gilbert Kambale de la société civile de Beni. Ceux qui sont sceptiques quant au succès de cette opération pensent qu'elle « prépare le lit de la balkanisation », selon lui.

Côté Lamuka, Martin Fayulu et Adolphe Muzito espèrent, pour leur part, que l’état de siège n’est pas une « manœuvre politique pour museler les citoyens congolais et accueillir massivement des populations étrangères dans la partie Est de la RDC ».

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Bonne chance, Congo, notre pays!