20. juin, 2021

Exactions commises par les FARDC pourraient constituer des crimes de guerre

Le récent rapport du groupe des experts des NU énumère de quelle façon des membres des FARDC, dont les 3308e et 3201e régiments du 2e bataillon, ont détruit et pillé systématiquement des habitations, des centres de santé et des écoles, vidé des villages lendu de leurs habitants et empêché l’acheminement de l’aide humanitaire. La violence a culminé avec l’exécution de 13 civils lendu à Gudjo/Ngaludza le 25 juin 2020.

Ils ont commis des exactions, y compris des violences sexuelles liées au conflit, en particulier contre les populations bira et lendu considérées comme étant affiliées, respectivement, à la FPIC et aux factions de la CODECO. Certains de ces actes pourraient constituer des crimes de guerre et sont passibles de sanctions.

Lisez cet extrait du rapport

117. Plusieurs femmes lendu qui avaient tenté de regagner leurs villages et leurs champs ont été victimes de violences sexuelles. À son retour à Ezekere, alors qu’elle était interpelée par huit membres des FARDC, une femme de 70 ans a été sévèrement battue et dévêtue, a subi des attouchements à la poitrine et a été soumise à une tentative de viol, après avoir confirmé qu’elle était lendu. Quatre femmes ont été violées par des membres des FARDC lors de deux incidents distincts, entre novembre et décembre 2020, alors qu’elles retournaient dans leurs villages respectifs, Kambutso et Ladile, pour chercher de la nourriture. Deux ont été libérées après avoir donné de l’argent à leurs deux violeurs

118. Plusieurs sources ont expliqué que des membres des FARDC avaient tiré sur des civils qui fuyaient les hostilités et en avaient tué plusieurs. En octobre ou en novembre 2020, deux sources ont été témoins d’exécutions sommaires de deux femmes de 60 ans de leur famille par des membres des FARDC qui entraient à Kambutso, au cours de deux incidents séparés. Dans leurs récits, les témoins ont mentionné, de façon consistante, le pillage systématique des biens de la population et la destruction partielle de leurs habitations et de leurs centres de santé par des membres des FARDC. Le général Yav a dit ne pas avoir connaissance de tels actes et qu’il vérifierait avec ses subordonnés.

119. Depuis au moins le mois d’octobre 2020, des membres des FARDC et de la PNC ont procédé à des arrestations arbitraires ou infligé de mauvais traitements à des hommes lendu ou bira suspectés d’être affiliés à la CODECO ou à la FPIC dans la zone élargie de Bunia et dans le territoire d’Irumu86. Un Lendu a indiqué que lui et trois autres Lendu avaient été battus à Ladile, juste avant les opérations à Ezekere, par deux soldats des FARDC, après avoir déclaré qu’ils ignoraient où se trouvait le camp des « rebelles ». Des membres de la PNC et des FARDC ont procédé à des arrestations massives à Kotoni et Lengabo, dont des mineurs, respectivement en décembre 2020 et en janvier 2021. Plusieurs des personnes arrêtées ont subi des mauvais traitements et ont dû verser de l’argent en échange de leur libération.

120. Le Groupe d’experts craint que les sévices répétés de la part de certains membres des forces de sécurité ne fassent que renforcer la méfiance des populations lendu et bira à l’égard des forces de sécurité en général, accentuer les tensions et encourager l’adhésion à des groupes armés.