17. août, 2021

Etat de siège à Beni: barrières militaires sur routes de desserte agricole inquiètent les paysans

« Pourtant abandonnées par une bonne partie de ses habitants pour des raisons sécuritaires, les agglomérations du secteur de RWENZORI sont également difficilement accessibles à la suite des barrières parsemées sur presque toutes les routes de desserte agricole. Chaque moto paie entre 1000 et 2000 francs congolais ou mieux le dollar américain avant de franchir chaque barrière tenue en majorité par des militaires depuis la proclamation de l’Etat de siège. »

Une barrière est jetée à NZENGA-KASUSU pour ceux qui veulent aller à MWENDA et ses environs. Chaque moto paie 2000 francs en contrepartie d’un petit jeton en guise de quittance apprend-t-on d’un motocycliste de la région. Et par conséquent, ce prix du jeton est supporté par le client et non le taximan. Il en est de même pour les particuliers qui ont des motos. Joseph habite désormais à KIBANDA, en diagonale de la route nationale, depuis les récentes attaques de NZENGA et témoigne par exemple que pour aller chercher un seul régime de banane à son ancienne résidence, il doit aussi payer ce jeton comme il a aussi une vielle moto. La même situation est aussi vécue sur la route qui mène vers la commune rurale de LUME. Ici également, chaque engin roulant paie d’abord un jeton avant de franchir une barrière. Il y a également plusieurs autres barrières sur d’autres routes de desserte agricole témoigne un membre actif des forces vives locales qui souhaitent que les paysans agriculteurs soient épargnés de ces jetons perçus à ces différents postes de péage.

C’est la vie des paysans qui subit

En majorité, les habitants d’une grande partie du secteur de RWENZORI vivent à BENI ville et dans d’autres agglomérations environnantes jugées presque sécurisées. Toutefois, ils dépendent encore de leurs champs et jardins restés derrière et pour survivre dans leurs milieux de refuge. Malheureusement pour accéder à son champ, il y a non seulement une barrière à franchir mais également un ennemi capable d’ôter la vie soutient un déplacé qui se meurt de faim à KASINDI pendant que ses bananes plantains pourrissent dans les fins fonds de MUTWANGA toujours en secteur de RWENZORI selon ses propres termes. Emotions aussi partagées par un autre conducteur d’une mototaxi qui ne trouve plus des clients à la suite de la charge économique liée à ces différentes barrières. Difficile pour le moment d’entrer en contact avec les différents attributaires de ces différentes routes de desserte agricole, nous y reviendrons ! Toutefois, les sources militaires justifient la présence des éléments FARDC à ces postes pour éviter une infiltration ADF via une route de desserte agricole.

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