14. févr., 2022

« L’état de siège est beaucoup plus politico-médiatique qu’opérationnel et n’est resté qu’un slogan

Dans une correspondance datée le 2 février 2022 mais rendue publique seulement aujourd'hui lundi 14 février, des députés provinciaux adressent au chef de l’État Félix Tshisekedi leurs points de vue sur la gestion de l’état de siège dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri.

« Depuis la proclamation de l’état de siège, nos yeux ont vu moins que ce qu’ils croyaient voir par rapport aux attentes suscitées par la proclamation de l’état de siege », écrivent-ils dans cette lettre.

Ces élus du Nord-Kivu font savoir que « l’état de siège est beaucoup plus politico-médiatique qu’opérationnel et n’est resté qu’un slogan et un cynisme pour la population longtemps meurtrie ».

Selon eux, l’état de siège est prorogé, non sur base des résultats des opérations sur terrain ou des avancées constatées au cours d’une évaluation, plutôt selon les intérêts, les humeurs et les attitudes des décideurs.

Face à cela, ces députés provinciaux expliquent au chef de l’État que tout porterait à croire qu’il y aurait un complot contre la province du Nord-Kivu : « freiner le développement de la province, l’isoler des élections prochaines, faciliter le vieux projet de balkanisation ainsi que museler sa classe politique, chose que la population Nord-Kivutienne n’est pas prête à endosser. »

Ils demandent, par conséquent, au président de la République de lever l’état de siège et de doter les forces armées de la RDC d’une logistique « conséquente » et des moyens importants à la hauteur des actions à mener dans le cadre des opérations militaires de routine.

« Lever l’état et éventuellement migrer vers un état d’urgence sécuritaire en conformité avec le programme du gouvernement Jean-Michel Sama Lukonde pour une durée bien déterminée, des objectifs essentiellement de paix et de sécurité avec des indicateurs bien définis », disent-ils.

Ces députés plaident également pour la réhabilitation des institutions provinciales dans leurs prérogatives constitutionnelles et les juridictions civiles dans leurs missions habituelles, tout en renforçant le nombre des magistrats et améliorant leurs conditions de travail.

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