19. avr., 2022

15 personnes tuées par des militaires en deux jours dans l'est de la RDC

Des militaires congolais, apparemment ivres, ont tué au moins 15 personnes en deux jours, sept dimanche en Ituri, huit lundi dans le Sud-Kivu, deux provinces de l'est de la RDC en proie aux violences de groupes armés, a-t-on appris de sources locales.

Lundi, un soldat a tiré sur des passagers d'une pirogue à moteur (un "boat") qui s'apprêtait à naviguer sur le lac Tanganyika, au niveau de Kazimia, en territoire de Fizi (Sud-Kivu), tuant huit personnes et en blessant sept autres, a indiqué à l'AFP Aimé Kawaya Mutipula, administrateur du territoire.

"Parmi les victimes, toutes civiles, figurent des hommes, des femmes et des enfants", a-t-il ajouté. Les raisons pour lesquelles le militaire, qui était lui-même à bord, a fait usage de son arme, ne sont pas connues mais, selon M. Kawaya, il était "en état d'ébriété".

"Il est aux arrêts", a précisé André Byadunia, coordonnateur de la société civile locale, en demandant "aux autorités qu'il soit jugé et condamné".

Dimanche, un autre militaire, manifestement ivre lui aussi, a d'abord tué le garde du corps d'un colonel, le colonel lui-même, puis cinq civils à Bambu, un village du territoire de Djugu, région qui subit de fréquentes attaques de miliciens, ont indiqué les autorités locales.

Le village "s'est réveillé dimanche matin avec des tirs, on pensait à une attaque", a raconté Claude Mateso, chef du secteur de Walendu Djatsi. Mais, selon lui, il s'agissait d'un soldat, à qui ses collègues avaient retiré la veille au soir son arme parce qu'il était en état d'ivresse et qui était venu la récupérer.

Le tireur a fini par être tué par un autre militaire lancé à sa poursuite.

"C'est un cas isolé que nous condamnons fermement", a dit le lieutenant Jules Ngongo, porte-parole de l'armée en Ituri. "Nous attendons de connaître les vrais mobiles de cet irresponsable et criminel", a-t-il ajouté.

Par ailleurs, dans la province voisine du Nord-Kivu, six personnes ont été blessées par une grenade lancée dans la foule par des militaires venus arrêter un jeune dans le village de Kisovu, dans le territoire de Masisi, a indiqué Ngendahimana Eugène Gishoma, secrétaire administratif de la localité de Burungu.

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"C'est un cas isolé que nous condamnons fermement", a dit le lieutenant Jules Ngongo, porte-parole de l'armée en Ituri. Franchement, pouvons-nous accepter une telle position de la part d'un responsable FARDC? L'avalanche de cas rassemblés sur ce site, démontre qu'il ne s'agit absolument pas d'un cas isolé, mais que c'est un problème généralisé dans toute la RDC, qui nécessite des mesures urgentes pour protéger la population contre les militaires et pour éviter que des malfrats soient encore acceptés dans l'armée. Installer un comité éthique au sein des FARDC avec de réels pouvoirs pour l'assainnissement de notre armée est plus qu'urgent!