4. mai, 2022

Les FARDC érigent des péages sans quittances sur la route Beni-Kasindi (Nord-Kivu)

Les usagers de la route Beni-Kasindi au Nord-Kivu dénoncent les tracasseries par des éléments des Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) dont ils se disent victimes.

D’après ces usagers, des militaires ont érigé des barrières illégales sur ce tronçon routier long de quatre-vingt kilomètres où ils perçoivent des taxes sans quittances auprès des conducteurs de véhicules et de motos.

De Beni jusqu’à Kasindi, chaque conducteur d’un engin roulant serait obligé de payer jusqu’à cinq dollars américains sur les barrières où ils subiraient parfois des menaces de la part des recouvreurs munis d'armes.

« Des éléments des FARDC nous ennuient tellement sur cette route (Kasindi-Beni). Il y a cinq barrières. Nous ne savons pas si ces barrières sont reconnues par le gouverneur militaire. Comment expliquer qu’un tronçon de 80 Km puisse avoir 5 barrières? Nous nous demandons ce que valent ces barrières. On ne contrôle même pas les passagers, ils sont là pour nous rançonner l’argent sans quittance, et ils nous menacent comme si c’était un droit. Si c’est ça l’état de siège, alors il faut qu’on ramène le gouvernement civil”, s’est plaint un usager habituel de cette route, sous couvert de l’anonymat.

Un autre conducteur qui se dit lui aussi victime de cette situation a abondé dans le même sens:

“En plus de l’insécurité, ces militaires nous traumatisent sur cette route. Au lieu de nous sécuriser, ils nous tracassent. Regarde, j’ai quatre passagers, mais je vais devoir payer au moins cinq USD sur ces barrières. Combien je vais remettre au patron et combien je vais gagner ? Le gouverneur doit mettre fin à cette situation”.

Contactées, les sources militaires confirment l’existence de ces barrières qui ont été érigées, selon elles, pour des raisons sécuritaires, au regard de la dégradation de la situation sécuritaire dans la région. Ces barrières, cinq au total, sont érigées à hauteur de Bulongo, Kilya, Makisabo, Semuliki et Rizeri.

Par ailleurs les mêmes sources disent ne pas être informées de la transformation de ces barrières en points de péage. Elles promettent ouvrir des enquêtes afin d’établir les responsabilités.

Voir l'article original sur alternance.cd