23. oct., 2022

Une promotion militaire qui pose question: général Jacques Tchaligonda Nduru

Le général Jacques Tchaligonda Nduru a été promu chef d’état-major général adjoint, chargé des opérations et du renseignement. Cet homme, dont le nom est orthographié au moins de cinq façons différentes, est bien connu depuis une vingtaine d’années tant sur les terrains d’opération que… dans les cours et tribunaux internationaux. Il est l’incarnation du militaire “brassé” et “mixé” qu’évoquait le président Tshisekedi dans son interview new-yorkaise pour justifier la difficulté de gérer l’armée congolaise.

En 2019, Jean-Jacques Wondo tirait le portrait de ce militaire issu des mouvements rebelles du RCD-K/ML, puis de l’Union des patriotes congolais (UPC) et de sa branche militaire, les Forces patriotiques pour la libération du Congo (FPLC), dirigée par Thomas Lubanga et Bosco Ntanganda. Les deux hommes ont été condamnés par la Cour pénale internationale de La Haye pour crime de guerre et même de crime contre l’humanité pour Bosco Ntanganda pour des actes commis essentiellement dans la province de l’Ituri.

S’il n’est pas poursuivi par la CPI, le nom de Tchaligonda revient une trentaine de fois dans les deux dossiers à charge de Lubanga et de Ntanganda sur les exactions commises par les membres de l’UPC/FPLC. Les Nations unies et l’ONG Human Rights Watch, notamment, ont aussi inventorié les crimes commis par ce mouvement rebelle au sein duquel sévissait le commandant de brigade qui allait devenir le général des Forces armées de la RDC Jacques Tchaligonda, élevé, ce mois d’octobre 2022 par le président de la république Félix Tshisekedi au rang de chef d’État-major général adjoint.

Une promotion qui pose évidemment son lot de questions.

Comment un rebelle ayant sévi pendant des années dans l’est de la RDC peut-il aider à ramener la paix et la sérénité dans cette région et, au-delà, dans le pays ?

Comment croire en une réelle volonté de réformer l’armée congolaise dans le chef du président Tshisekedi quand on voit que d’anciens rebelles cités par la CPI continuent leur progression hiérarchique ?

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